01/11/05

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Aussi on ne s’éternisera pas sur cette réunion chez la juge. On a assez vus ces gens de la justice, non ?

Par égard pour Puck et Hermia, Luchino préféra leur épargner certaines choses…. Par exemple, ils ne sauraient jamais que la juge avait douté qu’il soit capable d’élever ses enfants après la mort de leur mère dans des circonstances troubles et tragiques. Elle lui avait dit qu’avec sa carrière, son métier, il risquait de n’être pas suffisamment disponible et de négliger ces petits. Quant aux grands-parents, à leur âge, était-il bon de leur laisser la garde de deux jeunes enfants pleins d’énergie ? Etait-il sain de laisser deux petits avec deux personnes âgées (qui pourtant les adoraient !) ? Voilà ce qu’elle avait dit… Si Luchino n’avait pas tapé du poing sur la table, ils n’auraient pas été rendus à leur famille. Ils n’auraient plus jamais reçu l’attention, l’amour de leurs grands-parents, le ciment de leur existence, le cocon chaud et doux où ils avaient grandi jusqu’ici !

Sans commentaires… Ou plutôt si, juste un, ça me démange trop :

Ces gens de l’administration, c’est vraiment du n’importe quoiiii !!!  J’espère ne jamais avoir affaire à eux plus taaaard ! 

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C’est ce que j’ai dit à maman, après avoir écrit mon article. J’ai dit que tous ces gens-là me faisaient horreur, ils faisaient vraiment un sale boulot !

- Voyons Isotta, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac, répondit-elle patiemment. Cependant, je comprends ta révolte. Tu as raison de l’exprimer. Si tu ne le fais pas maintenant, à ton âge, tu ne le feras jamais.

- Ouh là, ça veut dire quoi, ça ? lança papa. Encore des colères rentrées, je suppose ?

Il s’adressait à maman qui avait remis pour la forme sa belle combinaison d’ultra-sim. Elle avait écrit sa lettre de démission sur mon ordi et s’apprêtait à l’envoyer.

- Malheureusement, il y a des choses que pour ma part je n’ai pas le droit de dire, regretta maman. En tout cas pas ouvertement. Je serais menacée d’outrage envers la justice, d’indiscipline et j’en passe. Tout ce que je peux faire, c’est démissionner. C’est ma révolte à moi.

- Pourtant c’est toi qui commande, non ? ai-je dit. T’es la patronne de toute la police de Véronaville ! Qui c’est qui pourrait te menacer ?

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- On a toujours un autre patron au-dessus de soi, personne n’est tout-puissant, Isotta. La police de Véronaville dépend du gouvernement qui a tout pouvoir pour licencier les éléments subversifs. Je crois en être un après ce qui s’est passé.

- Alors tu démissionnes ? C’est sûr ? déplora papa.

- Oui. Benvolio m’a proposé un poste chez Muxis. Je commence la semaine prochaine. Il dit que mon expérience de la police sera très utile pour le développement de nouveaux jeux vidéo consacrés à l’investigation policière. Il me prend en tant que consultante et m’offrira également des pourcentages sur les ventes.

Bon. Eh ben voilà. C’est comme ça que maman est entrée chez Muxis. Une de plus à Véronaville ! A se demander qui ne travaille pas chez eux dans ce quartier. Toutes les familles ont dans leur jardin le mini-golf offert aux employés pour leurs bons et loyaux services. Je ne vais pas m’en plaindre, ce mini-golf, je l’adore depuis mon enfance. Souvenez-vous, mamie Juliette m’avait appris à y jouer. Mais je regrette quand même un peu la belle tenue d’ultra-sim de maman…. C’était classe… ça lui allait très bien. Papa, lui, ça lui est égal, dit qu’elle pourrait même ne pas travailler si elle voulait. Il gagne très bien dans sa vie, reçoit plein de primes, on risque même de déménager pour une maison plus grande. Eh ouais… Affaire à suivre !

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Les déménagements, ça court les rues en ce moment à Véronaville ! Regardez cette superbe bâtisse. Peu après avoir récupéré les petits, Luchino faillit l’acheter pour y installer tout son petit monde. Hermia elle-même avait déjà dit, à la mort de Béryl, qu’elle souhaitait déménager. Pourtant, sa jolie maison à colombages, elle l’adorait, mais depuis cette affaire, on peut comprendre qu’elle avait besoin de changer d’environnement. Ce n’était pas une maison de famille, c’était une maison achetée par Puck et elle à leur mariage. Même Puck considéra qu’après tout ils l’avaient assez vue.

Il accompagna donc Luchino pour la visite de la splendide villa Marco. C’est son nom. Construite par l’architecte Dom, installée dans la ville voisine appelée Canalblog, elle était en tous points merveilleuse. Ils hésitèrent cependant à la prendre. Les enfants étaient encore petits, on devait pouvoir les surveiller à chaque instant et avec tous ces escaliers, ces coins et recoins, la vie quotidienne risquait d’être compliquée.

- Elle me plait tant ! regretta Luchino. Regarde ces adorables plans d’eau ! Ces colonnes ! C’est une splendeur !

- Eh ouais, mon grand, tu sais, avec des enfants, ils faut être pragmatique avant tout, commenta Puck.

(ndlr : avec une carte graphique pas terrible aussi… Merci à Dom pour cette splendide maison !)

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Finalement ils choisirent une adorable villa toute rose, réplique de celle qu’avait autrefois habité Mercutio avec sa première femme. Ils organisèrent très rapidement le déménagement. Hermia tint à faire elle-même une bonne partie des cartons et trouva là un formidable défouloir après ce qu’elle venait de vivre. Tout juste si elle ne transporta pas elle-même les meubles dans le camion !

Elle était encore très choquée par ce qu’elle venait de vivre. Dire qu’elle avait échappé de peu à la plus cruelle des injustices ! Elle n’arrêtait pas depuis lors de téléphoner à Juliette, Roméo et Mercutio pour les remercier. Elle offrit également de superbes cadeaux à Chiara et à Andrea, les deux détectives en herbe (et très doués si l’on en croit les résultats !). Chiara reçut un chèque assez gros pour remplacer toute sa garde-robe, ce qui n’est pas peu dire car elle adore les fringues, et Andrea reçut la promesse de pouvoir se faire opérer s’il voulait changer son nez, ce nez si caractéristique de la famille, qu’il détestait. Bon, c’est pas ça qui ferait de lui le Don Juan de Véronaville, car y’a pas que le nez qui n’est pas terrible chez lui, mais si ça peut l’aider à être un peu moins complexé… et puis qui sait, peut-être qu’on récupèrerait enfin un nouveau journaliste pour notre blog ? (Hé, hé…. Sûr, cette info-là n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd !).

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Dans le but de ne pas alimenter la curiosité indiscrète des paparazzi, Hermia nous a demandé, à Chiara et moi de ne plus insérer, pour le moment, de photos des petits jumeaux. Elle voudrait qu’on leur laisse tranquilles, qu’on respecte leur intimité. Ça se comprend. Ils ont bien gagné le droit d’être maintenant des enfants comme les autres, même si bien sûr ce sera difficile, entre une mère décédée, un père star de ciné et des grands-parents marqués par bien des émotions. Mais Hermia nous a autorisées à publier une photo de la nouvelle chambre de Franny. Jolie, non ? Fanny a adoré quand elle l’a vue. Pas étonnant.Toutes ces princesses sur le mur, rien que pour elle, quelle chance ! J’aurais bien aimé avoir la même chose, à son âge, au lieu d’être envahie d’angelots ! Souhaitons à ces deux petits lutins tout le bonheur du monde, une croissance réussie et plein d’amour pour compenser celui qu’ils n’auront plus de la part de leur mère. L’ont-ils jamais eu, d’ailleurs ? A Véronaville, les mauvaises langues ont repris et ne manquent pas de dire qu’elle ne les a jamais vraiment désirés ni aimés, que c’était bel et bien l’argent qui l’avait attirée…. Décidément certains n’ont aucune décence. Lamentable, non ?

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La vie a repris son cours. Le calme qui suivit cette affaire me fit tout drôle. Le quotidien semblait soudain plus morne, malgré le soulagement. J'ai eu plein de devoirs à faire pour le lycée, donc, par la force des choses, j’ai moins pensé à tout ça et j’ai délaissé quelques temps notre blog. Un mercredi, en visite chez mamie Juliette, j’ai tout de même demandé des nouvelles des deux petiots.

- Alors mamie ? Tu les as vus ? Ils ne sont pas trop perdus avec le déménagement ?

Moi j’osais plus trop aller embêter les Songedété que je ne connais pas tant que ça, donc autant me renseigner auprès de gens plus proches qu’eux. En tant que sœur d’Hermia, ma mamie Juliette est la euh… La grand-tante de Marius et Fanny, c’est ça ? (Si je me trompe, faites-moi signe, je m’y perds, moi, dans tous ces liens de famille !)

- Ils vont bien ! dit-elle, ravie elle aussi que toute cette histoire soit finie. Pourquoi n’iraient-ils pas bien ?

- Eh ben avec tout ce qui s’est passé, la mort de leur mère, tout ça…

- Tu sais, ils sont trop petits pour se rendre vraiment compte de ce qui s’est passé. Leur mère, ils l’ont finalement peu connue. Béryl était très souvent absente et ce sont surtout Puck et Hermia qui s’occupaient d’eux même avant sa mort. Elle ne leur manquera pas autant que si elle avait été vraiment là. Plus tard, bien sûr, ils poseront des questions au sujet de cette affreuse histoire, de la même manière que tu t’en posais, quand, pendant ton enfance, tu as su que je n’étais pas mariée avec ton grand-père. Il faudra leur répondre, voilà tout. Nous serons là. De même, quand ils iront à l’école, ils se sentiront différents quand ils verront qu’ils n’ont pas de mère alors que les autres enfants en ont. Mais chaque chose en son temps.

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Bon. Rien d’autre à dire, alors ? Pas là-dessus. Les Songedété avaient envie de vivre tranquilles, de ne plus faire parler d’eux. En tout cas pas comme ça. Franchement, ces gens doux, sensibles, accueillants, adorables, n’avaient vraiment pas mérité ça ! Laissons-les savourer leur paix retrouvée et leur vie de famille. Surtout Puck et Hermia.

Luchino, lui, fit rapidement parler de lui à nouveau. A peine sorti de cette terrible histoire, son naturel d’artiste et de créateur reprit le dessus. Quand ça vous tient, ça vous démange, c’est comme une envie de pisser, on peut difficilement la retenir. Aussi, très peu de temps après, il se lança dans un nouveau projet de film. Une idée qu’il avait déjà abordée avec Béryl, avant de lui retirer la gestion de ses affaires. A présent il n’avait qu’une envie, se lancer. Pour cela, il demanda de l’aide à ses amis, en particulier à tata Clacla, qui avait été sa partenaire dans l’un de ses premiers films, avant qu’elle n’épouse mon tonton Benvolio.

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Tata Clacla lut le scénario et l’adora aussitôt. Le soir-même, elle en parla à tonton, sur leur canapé où ils se reposaient après euh… ils avaient passé un moment dans la baignoire Folamour, quoi. J’vais pas vous faire un dessin !

- C’est une superbe histoire, un film historique, en costumes, je parie qu’il aura un succès fou. D’autant qu’il est un très bon réalisateur, il l’a prouvé lors de son premier essai.

- Je croyais qu’il voulait maintenant se consacrer à l’éducation des petits ?

- Tu plaisante ! Quels que soient ses efforts pour devenir père à plein temps, jamais il n’y arrivera ! Il est comédien et auteur avant tout, c’est lui, c’est sa vie ! Il faudrait beaucoup plus qu’un drame et deux enfants pour l’en éloigner longtemps ! Et puis mets-toi à sa place ! Imagine que l’on te dise que tu dois quitter Muxis pour rester à la maison avec les nôtres. Comment réagirais-tu ?

- Ma foi… Tu devines sans mal la réponse. Mais moi, c’est différent. Les enfants sont un peu plus grands, ils sont scolarisés…

- Justement. Les nôtres sont plus grands, donc il m’a proposé un rôle. Cela fait longtemps que je n’ai rien tourné, j’aimerais reprendre le métier.

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- Ah bon ? Et euh… Tu es sûre que c’est une bonne idée ?... Je veux dire… Tu n’es pas bien, ici, à la maison ?

On le voit, c’est que tonton Yoyo n’était pas très chaud. Faut le comprendre. Sa femme avait tout arrêté à leur mariage et s’était depuis consacrée aux enfants. Tous les types dont la femme s’arrête de travailler ont du mal à la laisser y retourner. Fût-elle ancienne star de ciné. Et même si le réalisateur est le cousin et meilleur ami depuis l’enfance.

Bref, tonton Yoyo ne serait-il pas un petit peu macho ?...

Heureusement, tata Clacla sait y faire avec les hommes.

- Bien sûr que je suis bien ici avec toi et les enfants ! Je ne regrette absolument rien ! Nous avons de belles années de bonheur derrière nous et nous avons aussi devant nous, aucun doute là-dessus ! Mais vois-tu, avec ce qui s’est passé, Luchino a perdu confiance en lui et en son étoile. Il a peur que ce second film ne marche pas bien, que cette vilaine affaire ait nui à sa réputation, aussi bien auprès du public qu’auprès de la profession. D’ailleurs c’est déjà le cas. Les premiers comédiens qu’il a contactés ont refusé de travailler avec lui. Voilà pourquoi il m’en a parlé. Il sait qu’il peut compter sur moi.

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- Fuuu... (gros soupir fataliste) Et toi bien sûr tu es partante, hé ? Tu te verrais bien reprendre du service devant les caméras ?

- Je le fais d’abord pour lui, pour l’aider à relancer sa carrière. Avoir Clarissa Carpentieri en vedette, ou du moins ce qu’il en reste après tout ce temps, soyons réalistes, c’est une publicité inédite.

- Comment ça, ce qu’il en reste ! Tu es restée pareille au jour où je t’ai rencontrée ! Toujours aussi magnifique, toujours aussi merveilleuse ! Comment les cinéphiles pourraient-ils en douter ?

(Très flatteur, ce cher mari, songea Clarissa… mais bien sûr elle n’était pas assez folle pour le croire… heureusement, avec un bon maquillage, les rides ne se verraient pas trop à l’écran)

- Alors tu es d’accord pour que je tourne ce film avec lui ?

- Pfff… Toi, tu es très douée pour m’embobiner…

- Exact. C’est d’ailleurs pour ça que tu m’as épousée. Tu as eu une belle veine de me rencontrer, car tu étais si mal dans ta peau que tu t’apprêtais à rester célibataire. Avoue que je t’ai rendu un fier service en venant t’embobiner !

- Ma foi… Mais euh… Avant de laisser Luchino refaire de toi la star que tu étais… ça va durer combien de temps, ce tournage ? Il ne faudrait pas que tu t’éloignes trop longtemps d’ici, les enfants en pâtiraient… Moi, tu sais, homme au foyer, je crains de ne pas être très doué….

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- Justement, c’est là le plus génial, mon chéri ! Luchino prévoit de tourner ici-même, dans un studio qu’il fait construire en ce moment dans l’ancienne maison de ses parents ! Il a même l’intention de faire participer tous les habitants de Véronaville ! Tous ! Même nos enfants ! Tous seront habillés de costumes d’époque et joueront des petits rôles ou bien seront figurants ! Même toi, si tu veux, tu pourras participer !

- Moi ? Tu veux rire ! Et puis j’aurais l’air de quoi en costume d’époque ? Le grand patron de Muxis ne peut s’affubler d’autre chose que d’un costard cravate, voyons ! Les employés me rieraient au nez !

- Tant pis pour toi ! Mais j’espère que tu laisseras venir nos enfants. Ils seront si heureux ! J’imagine déjà la joie de Tosca quand je lui dirai qu’elle pourra porter une robe longue bouffante et être coiffée comme une princesse ! Et ses cousines également !

- Sûr, ça va les changer de leurs jeans et de leurs tee-shirts ! Et toi, tu promets d’être belle aussi ! J’ai hâte de voir ça !

- Merci, mon chéri. Ah ! J’ai déjà le trac !

- Et Tosca ? Les filles ? Tu le leur a dit ?

- Pas ce soir, ça les aurait empêchées de dormir. Demain, promis.

- Pourvu que Tosca n’en oublie pas ses devoirs à faire !

Tosca, sûrement pas. Moi, oui ! Quand j’ai su ça, le lendemain, j’ai cru me trouver mal. Un tournage ! En costumes d’époque ! Mama mia ! Dites-moi que je rêve ! Moi, Isotta, je vais passer devant la caméra ? Oh la laaaaa… !

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04/11/05

 

Sans_titre_4

aimer

Avant d'aimer écrire cette histoire, j'ai aimé jouer avec ces sims,
dans ce quartier qui est, et restera, mon quartier fétiche.
Tout ce qui existe dans cette histoire a été créé sans triche,
sans codes et presque sans hacks, simplement en jouant, en faisant vivre mes sims
et en créant une vie de quartier, tout au long de 5 générations.

Nombre d'évènements et rebondissements de ce récit
m'ont été inspirés par le jeu lui-même et par les différentes péripéties et bévues
de la joueuse débutante que j'étais en cette fin d'année 2004, peu après l'arrivée des Sims 2.
Quand j'ai décidé d'en faire une histoire,
je n'ai eu qu'à organiser l'apparition
de ces divers évènements selon la chronologie idéale
afin de créer tout le suspense souhaité !
Je n'ai donc pas joué pour "faire une histoire", j'ai joué et puis... l'inspiration est arrivée !

D'abord mise en ligne sur le forum du site officiel français des Sims 2,
au début de l'année 2005, dans la partie "chroniques",
cette histoire a été transférée ici, à l'automne 2005, alors que sa suite,
"Véronaville, la vie continue", était en cours de réalisation.

Là-bas, les  photos apparaissaient en trous de serrures, donc peu visibles.
Et je n'imaginais pas alors que, par la suite, je mettrais tout cela sur blog.

Cela reste pour moi un excellent souvenir, et je conserve toute mon
affection à Véronaville, plus de dix ans après, et à ses personnages.

C'est Mercutio, le frère de Roméo, qui raconte.
Au fil des épisodes, vous allez comprendre pourquoi.
Bonne lecture,

~ Phinae ~

 

Important :

Vous n'avez pas le droit de copier cette histoire sur un autre blog, site,
ni nulle part ailleurs, ni les textes, ni les photos.
Ce serait du vol, et c'est interdit par la loi.

D'autres ont tenté de le faire mais ont rapidement été punis
par fermeture ou censure définitive de leur blog et/ou compte par l'hébergeur concerné.

Ce message n'est pas donc pas ici pour faire joli,
mais pour vous informer, concrètement.

Vous aimez cette histoire, respectez-la : ne la volez pas.

 

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11/11/05

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Mon nom est Mercutio Montecchi.

J’ai peu de souvenirs de mon enfance. Mes parents, Claudio et Olivia, sont morts quand j’étais tout môme. Peut-être est-ce la raison pour laquelle j’ai enfoui loin dans ma mémoire cette période. C’est comme si elle n’avait jamais existé. On raconta d’ailleurs à mon sujet que j’avais mal grandi, ce qui voulait dire que je n’avais pas eu, dans mes premières années, tout ce que j’étais en droit d’espérer de la vie. Mais si, après ce que viens de dire, ce n’est pas tout à fait faux, ce n’est pas tout à fait vrai non plus…

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En effet, mon frère Roméo et moi avons eu la chance d’être recueillis et élevés par nos grands-parents, Patrizio et Isabella, dans leur vaste ranch, au nord de Véronaville.

Le ranch était le fruit de la réussite professionnelle de Patrizio. Il avait fait fortune dans l’élevage de lamas. Cela peut paraître incroyable en pleine Italie, loin des contrées où vivent généralement ces animaux, mais c’est la vérité !

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Ils étaient sympas, tous les deux. Paisible retraité, Patrizio avait décidé de rester dans le coup et, pour nous faire plaisir, allait jusqu’à s’adonner à la culture physique. Peut-être espérait-il ainsi perdre quelques-uns des kilos en trop accumulés au fil des années à cause des bons petits plats d’Isabella, madame cordon bleu en personne.


En voyant son époux reprendre une activité sportive, celle-ci resta tout d’abord sans voix. Tout ça n’était plus de son âge, disait-elle. Mais en constatant qu’il persévérait, mieux, qu’il y avait pris goût, elle se sentit obligée, elle aussi, d’enfourcher cette machine barbare qui fait transpirer et donne des courbatures.

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Le soir, à table, grâce à la bonne cuisine d’Isabella, Patrizio reprenait allègrement les calories perdues sur l’appareil de muscu. Comme dans toutes les familles, les repas étaient l’occasion d’être ensemble, d’évoquer notre journée, le lycée, les études…

Bien sûr, à leur âge, nos grands-parents étaient un peu vieux jeu. Isabella surveillait nos fréquentations et nos résultats scolaires. Patrizio, lui, était très à cheval sur les principes d’honneur, de respect du nom, de la famille, l’esprit de clan…

Pour nous, tout cela ne voulait pas dire grand-chose, d’autant que nous n’avions que peu de contacts avec le reste de la famille, notre oncle Antonio, restaurateur très pris par son job, nos jeunes cousins et notre tante Bianca, élève à l’école de police. Depuis la mort de nos parents, nos seules figures familiales concrètes, au quotidien, étaient nos grands-parents. Comme ils menaient une vie apparemment sans histoires, entourés de quelques amis tout aussi paisibles qu’eux, nous avions du mal à comprendre pourquoi ces discours sur l’honneur de la famille avaient une telle importance pour Patrizio.

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En vérité, pour nous ce qui comptait avant tout c’était de vivre comme les autres adolescents, avec les loisirs et les exaltations de notre âge ! Quand nous passions la soirée à jouer aux jeux vidéo ou à regarder à la télé les matches de foot, nos grands-parents préféraient se réfugier dans leur chambre, à l’autre bout du ranch, avec un bouquin. Cela leur évitait de nous entendre hurler à qui mieux-mieux, «comme des sauvages», dixit Isabella.

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Et puis, un jour, pour Noël, Isabella m’offrit un ordinateur et un abonnement à internet complété d’une liste des sites les plus courus sur des sujets aussi passionnants que les maths, la littérature et tous ces machins étudiés en classe. Sans doute espérait-elle ainsi m’encourager dans mon travail scolaire en vue du baccalauréat prévu au printemps suivant. Bon, pour lui faire plaisir j’ai un peu surfé au début, mais… on ne peut pas dire que je sois devenu accro à cette machine.

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Moi ce qui m’intéressait, c’était plutôt les gens ! Je ne jurais que par mes copains, Puck Songedété en tête, un vrai pote !

Un simple coup de fil et il arrivait dare-dare, toujours de bonne humeur, le regard à la fois pétillant et rêveur. C’était un drôle de bougre, ce Puck, sensible, mystérieux, fascinant. Impossible de deviner sur quelle planète il se trouvait. Il disait qu’il appréciait mon énergie et ma chaleur humaine qui le ramenaient sur terre, ravivaient son soleil intérieur, réchauffaient son univers, le sauvaient du doute si souvent présent à l’adolescence. C’est vrai que nous étions très complémentaires. Il avait sur moi un effet apaisant, équilibrant. Et puis nous avions un sacré point en commun : lui aussi avait peu connu ses parents : il avait été adopté par Obéron et Titania, amis de mes grands-parents, eux aussi établis de longue date à Véronaville.


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Néanmoins, tandis que je délaissais l’ordinateur, Roméo, lui, s’y intéressa fortement. Au grand dam d’Isabella, il joua beaucoup, au début, à SSX3 puis à ce nouveau jeu qui faisait fureur, un truc appelé Simcity rush hour, dans lequel il simulait des embouteillages dont il devait se tirer en un temps record. Un peu maso, mon frangin. Cela avait l’air de le passionner. Moi, je trouvais que ça ne valait pas une bonne partie de flipper avec Puck sous le soleil du ranch, mais bon… chacun son truc, pas vrai ?

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Quand il se fut lassé des embouteillages et des klaxons, Roméo se lança dans le dialogue sur internet. Dans un premier temps, Isabella fut soulagée : c’était moins bruyant que Simcity. Mais avec qui dialoguait-il, au juste ? On disait tant de mal de ces satyres racolant les petits enfants sur internet qu’elle devint méfiante. Pas touche à son petit trésor, le fils de son propre fils ! Mais elle fut bientôt rassurée (et plutôt amusée) quand elle constata qu’il discutait en réalité avec toutes les minettes du quartier. Eh oui, si certains deviennent joli cœur en roulant des mécaniques dans la cour du lycée, lui préférait s’entraîner par écran d’ordinateur interposé ! Et même si personne dans ces conversations ne citait son nom de famille, chacun pouvait deviner facilement à qui il avait affaire : il n’y avait dans le coin qu’un seul Roméo et c’était mon frère. Tout était donc clair, transparent. Bien innocent.


Du moins, c’est ce que nous avons cru au début.

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Car c’est ainsi que Roméo fit connaissance avec une certaine Juliette, qui habitait à l’autre bout du quartier et qui, amusée par leurs échanges, finit par l’inviter chez elle.


Il s’y rendit avec toute l’ingénuité de ses quatorze ans. Oh malheur ! Juliette était une Capuleti, la petite-fille d’un certain Consort, dont nous avons appris peu après, Roméo et moi, qu’il était l’ennemi juré de notre grand-père. Un manitou des affaires qui tardait à prendre sa retraite et qui, disait-on, aurait trahi Patrizio par le passé, d’où une rancune tenace entre les deux hommes. Mais nous en savions peu là-dessus. Jamais Patrizio ne nous avait réellement parlé de cette histoire. Ni Isabella. C’était un sujet tabou, à tel point que nous n’avions jamais entendu parler de cette famille, a fortiori de cette Juliette. Et elle non plus n’avait jusque-là jamais entendu parler de nous ! Tout juste si elle savait que le ranch Montecchi, à l’autre bout de Véronaville, abritait un certain Patrizio que son grand-père détestait. Mais jamais elle n’avait su avant sa rencontre avec Roméo que ce même Patrizio avait un petit-fils de son âge. Quelle découverte pour elle !

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Ainsi Roméo venait-il de mettre les pieds en territoire ennemi. Cette maison, il l’avait souvent vue de loin sans jamais aller jusqu’à se demander qui vivait là avec Consort. Il la trouvait moche. Un vrai château hanté, digne d’un film de sorcières. On disait qu’elle était remplie de fantômes. Les voisins les entendaient rôder, la nuit, dans le jardin, certains assuraient qu’ils les avaient vus, entendus… et de ce fait aucun badaud n’osait s’aventurer devant le manoir passé dix-neuf heures. Quelle réputation maléfique elle avait, cette baraque ! Ça faisait froid dans le dos !

 

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Ceci dit, si la maison ne plaisait pas à Roméo, la fille, elle, fut à son goût. C’est dans la cour, en plein soleil, qu’ils échangèrent leur premier bisou. Si Isabella avait été là elle aurait rappelé à Roméo que c’était pas bien de rester là, il risquait l’insolation, même avec un chapeau. J’imagine qu’à ce moment-là, Roméo avait oublié jusqu’à l’existence de sa propre famille, alors les recommandations de mamie… n’en parlons pas.

Pardon ? Non, il n’y avait pas de balcon chez les Capuleti. Pourquoi cette question ?

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- Et maintenant, file vite, il ne faut pas que mon frère te trouve ici, dit Juliette.
- Ah bon ? T’as un frère ? s’étonna Roméo.
- Oui, il s’appelle Tybalt. Méfie-toi de lui, il n’est pas commode. J’ai aussi une sœur, Hermia.
- Sans blague ?
- Oui, nous allons tous les trois à l’école privée. 
- Ah, c’est donc pour ça qu’on ne vous a jamais vus au bahut !
- Le bahut ???
- Ben oui, le lycée, quoi…

(Oh là là… un peu gourde cette fille, se dit Roméo. Va falloir la dévergonder afin qu’elle devienne vraiment fréquentable)
- Euh… t’as le droit de sortir le soir ? ça te dirait de faire le mur ?
- Faire quoi ???
Eh ben y’a du boulot, pensa Roméo.
- Je t’appelle demain pour tout t’expliquer. T’as le droit de recevoir des coups de fil, au moins ?
- Euh… Oui oui, bien sûr…
- Bon. C’est toujours ça. Allez, ciao.

Et il s’en alla, la laissant s’interroger sur le sens de cette expression mystérieuse, «faire le mur».

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J’étais là quand le lendemain, comme promis, il téléphona chez elle pour tout lui expliquer. Tout en regardant le foot à la télé, je faisais le veilleur, des fois que les grands-parents retranchés dans leur chambre auraient eu l’idée de venir demander le score… ou d’aller chercher un verre d’eau à la cuisine, à côté…

J’étais en effet l’un des rares proches de Roméo à être au courant de cette amourette. Nous avions décidé de n’en parler à personne. Si Patrizio l’avait su, sans doute aurait-il réagi avec stupéfaction, voire avec colère. Il aurait dit à Roméo : «Sors avec qui tu veux sauf avec celle-là !» Pourtant, en quoi ça nous concernait, nous, les jeunes, ces vieilles histoires avec les Capuleti ? Pourquoi la jeune génération aurait-elle dû subir le poids du passé? Je trouvais ça injuste. D’autant qu’à mes yeux de «vieux» de presque dix-huit ans, il n’y avait rien de bien sérieux dans cette bluette d’adolescents… Il avait quatorze ans, elle à peine treize… des mômes, quoi… j’étais prêt à parier que tout ça finirait bien vite… pas de quoi en faire une tragédie !

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Pourtant le flirt dura et dura, sous mes yeux indulgents et bien sûr à l’insu de nos grands-parents. Et sous l’influence de Roméo, Juliette se mit à faire le mur et vint plusieurs fois au ranch, tard le soir. Bien sûr, chez elle non plus personne n’était au courant, Consort encore moins que les autres. Au fond, ce n’était pas pour déplaire à Roméo qui, à force d’entendre parler par Patrizio de l’honneur de Montecchi, voyait là l’occasion de venger un peu son grand-père en faisant en sorte que la petite-fille de son ennemi désobéisse à ce même ennemi. Mais Roméo était-il vraiment attaché à elle ? Je n’en savais rien. Faut pas croire, il était bien plus secret qu’il n’en avait l’air avec son sourire enjôleur et ses airs de gentil dragueur. Le fond de sa pensée, même moi je n’aurais pas pu le deviner !

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De ce fait, voyant que le flirt durait depuis déjà un certain temps, j’ai tenté de percer sa carapace.

- Dis donc, t’as l’air d’y tenir, à ta Juju. Me serais-je trompé sur son compte ? C’est sérieux, ou quoi ?
- Ben je… qu’est-ce que tu veux que je te dise… c’est une bonne copine…
- Mouais ! Arrête ton baratin, garde ta pudeur pour les autres ! J’estime que j’ai le droit de savoir ! Parce que si c’est sérieux, je devrais peut-être en parler à Patrizio, qui sait ? Je commence en effet à croire que tu as le goût du risque…. t’enticher précisément d’une fille Capuleti…. Il est grand temps pour moi de te sauver d’elle et de sa famille ! Si ce n’est pas moi qui le fais, qui le fera ?

Il se mit à rire. Il savait bien que jamais je ne le trahirais. Que j’en étais incapable. Il avait tellement confiance en moi !

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Et il avait raison. J’étais à la fois son confident et son meilleur ami. En tant qu’aîné, et depuis la mort de nos parents, je m’étais toujours senti responsable de lui. Par la force des choses, j’avais grandi et mûri plus vite. Je veillais sur lui avec toute l’affection d’un grand frère. J’étais très attaché à lui et si quelqu’un avait tenté de lui chercher noise, il aurait eu affaire à moi !

Sans mentir, je me serais fait tuer pour lui !

Et lui, tout naturellement, se fiait entièrement à moi, nourrissait pour moi l’habituelle admiration du cadet pour son grand frère.  Il savait bien que jamais je ne trahirais son secret. Jamais je n’irais parler à Patrizio ! Même pour l’honneur des Montecchi ! Pour moi le bonheur de  Roméo était bien plus important que l’honneur des ancêtres, enterrés depuis bien longtemps ! Quant à Patrizio… jamais il ne saurait rien, voilà tout !

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- Ok, continue à la fréquenter, ai-je dit à Roméo. Je serai ton ange gardien, ton garde du corps, je te défendrai jusqu’à la mort. Même si le frère de ta dulcinée vient en personne s’en prendre à toi. Ça pourrait arriver, tu sais.  Si Tybalt apprend que tu as dragué sa sœur, tout ce que tu pourras faire, c’est courir le plus vite possible ! Je me suis discrètement renseigné sur lui par l’intermédiaire de Puck. Ce Tybalt est un bagarreur, un jeune nerveux, bouffi d’orgueil. Il aime jouer au petit caïd et il ne digèrerait sûrement pas que sa sœur fréquente un Montecchi.

- Eh bien, qu’il y vienne et il trouvera à qui parler ! affirma Roméo avec toute l’ardeur (et l’inconscience) de son jeune âge. On se battra, voilà tout ! J’ai pas peur de lui, moi !

Alors nous avons simulé, pour rire, un combat pour l’honneur des Montecchi, dans lequel Roméo affrontait Tybalt. Roméo faisait semblant de cogner et je faisais semblant d’avoir mal. Nous avons bien ri.

Je ne me doutais pas que ce jeu deviendrait réalité quelques temps plus tard...

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C’était un soir de printemps. Par le vitrail du salon, où je révisais mollement pour le bac, je l’ai vu arriver. Mes grands-parents étaient dans leur chambre. Sans les alerter (j’avais peur de la réaction de Patrizio s’il le voyait), j’ai bondi hors de mon fauteuil et je me suis allé me planter devant lui.

- Qu’est-ce que tu fais là, Tybalt Capuleti ? ai-je maugréé.

Je me suis retenu de dire que cela faisait bien longtemps qu’on n’avait pas vu un Capuleti par ici. Ce qui était faux. Juliette était en cet instant avec Roméo. Je les avais aperçus sous le palmier, au loin, au bout de l’allée. Mais elle ne comptait pas puisque sa présence était un secret.

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- Tu sais bien pourquoi je suis là, dit-il. Ma sœur fricote avec ton frère. Je les ai vus.

Ouch ! Il avait dit ça d’un ton de mauvais augure, avec son air des mauvais jours, le seul qu’on lui connaissait, parce que celui des bons jours, personne n’y avait jamais eu droit.

- Sans blague ? T’as une sœur, toi ? On ne la connaît pas, ici, on ne l’a jamais vue. A quoi elle ressemble, mmm ? Si elle aussi sympa et souriante que toi, mon vieux, ça m’étonnerait beaucoup que Roméo s’intéresse à elle.

- Arrête ton cirque, Montecchi. Tu sais bien que c’est la vérité et que Juliette est ici. Je l’ai suivie depuis notre manoir, je l’ai guettée et je l’ai vue avec ton frère.

- Oh le vilain. C’est pas bien d’espionner les gens. Tu devrais faire agent secret ! En attendant, et à supposer que ce soit vrai, qu’est-ce que ça peut bien faire ? Il ne va pas la bouffer, ta frangine. On n’est plus au Moyen-Âge, ni à l’époque de Shakespeare, de nos jours les filles sortent avec qui elles veulent, ok ?

- Non. Pas avec un Montecchi. Pas question. Vous n’êtes que de la racaille malfaisante et…

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