19/08/05

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Les semaines suivantes, Boutondor prépara ce mariage. Un jour, elle me téléphona pour me demander d’aller avec elle, en ville, pour choisir sa robe.

- J’ai besoin qu’on me donne un avis pendant les essayages et une grande fille comme toi, c’est parfait !

Qu’elle était sympa de m’avoir choisi ! J’étais super-contente ! Je voyais qu’on commençait à être copines, qu’elle m’aimait bien. En plus, ce qui était vraiment super c’est que maman m’a permis d’aller toute seule en ville pour la rejoindre. Elle travaillait, elle n’avait pas le temps de me conduire, alors elle m’a appelé un taxi pour me déposer devant le marché. Wouaaaah ! J’étais toute seule là-dedans, comme une grande, avec personne pour me dire de ne pas mettre mes pieds sur les sièges, j’étais vachement fière et aussi vachement impressionnée !

Le chauffeur a été sympa, il m’a appelée «mademoiselle» :

- Où faut-il déposer mademoiselle ?

C’était pour du beurre qu’il a demandé ça, parce qu’il le savait déjà, maman le lui avait dit :

- Elle a rendez-vous avec ma belle-mère, au marché.

- Bien madame, avait dit le chauffeur, très poli et très sérieux.

Eh ben dis donc, c’était la classe.

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Il est très joli, le marché de Véronaville. Récemment, il a été refait, c’est tout neuf, tout beau, tout bien fleuri et tout, alors qu’avant, il paraît que tout autour c’est que de la terre, sans fleurs ni rien. Ça devait être d’un tristounet ! Là au moins c’était tout vert et bien propre, on avait envie de s’y promener.

 

J’ai retrouvé Boutondor dans une allée. Elle était contente de me voir. Moi aussi.

- Papy Roméo n’est pas avec toi ?

J’étais étonnée de ne pas le voir.

- Ah non, choisir une robe de mariée, c’est un truc entre femmes, les hommes n’ont pas à s’en mêler. Ainsi ton grand-père aura la surprise.

Ah bon ? ça expliquait pourquoi Auréliano n’était pas là non plus. Bon ben je m’en souviendrai pour plus tard, quand je devrai moi aussi choisir une robe de mariée. On ne commence jamais trop tôt à se renseigner, pas vrai ?

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On a regardé chez les marchands qui vendaient des robes anciennes. Je croyais que Boutondor voulait une vraie robe de mariée, toute blanche, avec des volants et tout le tralala. Mais ça l’a fait rire quand je lui ai dit ça.

- Tu n’y penses pas ! A mon âge ! J’aurais l’air ridicule dans une robe blanche à falbalas. De toutes façons ce n’est pas du tout mon style. Et puis c’est le second mariage de ton grand-père. Je n’ai pas envie de chercher à ressembler à ta grand-mère quand elle s’était mariée avec lui. Non, regarde, je préfère une robe dans ce style, là… c’est élégant mais sobre. Il y a du blanc aussi, mais pas trop. C’est parfait !

J’ai vu la robe qu’elle a achetée mais elle m’a demandé de ne pas en parler avant le mariage, c’était secret. Chuuut ! Elle voulait faire la surprise à tout le monde.

Alors j’ai promis de ne rien dire, même pas à maman, ni papa, ni mamie. Personne ! Même pas à Auréliano !

Oh là là, pourvu qu’il ne m’en veuille pas. C’était un vrai secret, je me sentais responsable, je ne voulais pas faire de peine à Boutondor. Peut-être que ça portait malheur quand les invités voyaient la robe avant le mariage ? Alors je devais être très sage et respecter ma promesse. Je me sentais soudain très importante et très précieuse avec ce secret. C’était un grand secret ! C’était la robe de celle que mon grand-père allait épouser ! Pas n’importe quoi ! Un truc vachement important !

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On allait partir, quand Boutondor a aperçu une jeune dame à qui elle a fait coucou.

Même que c’était quelqu’un de ma famille :

- Regarde ! C’est ta tante Iléana ! La jeune sœur de ta mère ! La voilà revenue de l’université !

Iléana, je ne la connaissais pas bien, elle était à l’université quand j’étais née et elle avait fait de longues études. Pendant ce temps, elle n’était pas souvent revenue à Véronaville.

Boutondor est allée lui parler et j’ai écouté sans rien dire. J’adore écouter les gens, vous l’avez sûrement remarqué.

- Ainsi tu as terminé tes études ? lui a dit Boutondor.

- Oui, je viens d’être engagée aux laboratoires Siriana Montecchi. D’ailleurs, là, tel que tu me vois, dans cette tenue, je fais quelques courses en rentrant du travail.

A Véronaville, ceux qui ne travaillent pas chez Muxis travailient aux laboratoires Siriana Montecchi et vice-versa. A la rigueur, ils travaillent à la mairie, comme le père d’Antonino !

 

Et comme les membres de ma famille sont très nombreux, on les rencontre partout où on va. La dame aux cheveux blancs qu’on voit sur la photo, c’est Hermia, la sœur de mamie Juliette. Iléana s’est retournée pour la saluer avant de continuer à papoter avec Boutondor.

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Bien sûr elles ont parlé du mariage de Boutondor. Iléana était très étonnée que son père se remarie.

- Ainsi il a fini par se laisser convaincre de remettre ça ! C’est incroyable ! On voit bien qu’il prend de l’âge, il se ramollit !

- Mais toi aussi tu vas bientôt te marier, je crois ? lui dit Boutondor.

- Oui, mon futur mari est un garçon très gentil, mais nous n’avons pas l’intention de faire une grande cérémonie, nous sommes fiancés depuis trop longtemps, ce serait idiot… nous avons fait toutes nos études ensemble, nous avons habité pendant plusieurs années la même résidence universitaire, nous sommes déjà presque un vieux couple ! D’ailleurs avec lui j’ai beaucoup changé !

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- Quand je suis arrivée à l’université, continua Iléana, j’étais une fille plutôt quelconque, ni belle ni laide, plutôt négligée aussi. Je m’habillais un peu n’importe comment, je me souciais peu de mon apparence mais comme je n’aimais pas beaucoup mon visage, je le cachais avec des cheveux longs. A part ça je ne pensais qu’aux études et jamais à m’amuser. J’étais une fille très sérieuse. ! Exactement comme Fiorella qui a fait de belles études et fondé une famille avec une motivation de boy-scout ! Elle avait décidé de réussir là où nos parents ont échoué, c’est-à-dire, avoir une vie de famille stable, une situation claire et nette, sans vagues, sans problèmes…


- Mouais, je vois… Voilà pourquoi Fiorella est si rigoureuse en tout, commenta Boutondor. Elle rêve de perfection en réaction au divorce de ses parents. Dix ans après, il serait temps qu’elle digère tout ça ! Elle aurait même tendance à vouloir mener son monde à la baguette pour que tout corresponde à ce qu’elle souhaite. Mais la perfection n’existe pas. Ses parents sont des êtres humains avant tout, avec leurs erreurs et leurs faiblesses, leur grand cœur aussi et leur attachement à leurs enfants.


- Evidemment ! C’est ce que j’ai fini par comprendre, dit Iléana. Mon colocataire, Romano, devenu depuis mon fiancé, m’y a beaucoup aidée. Lui est totalement décontracté ! Qu’il me fait rire, aussi ! Il passe son temps à plaisanter tout en sachant être sérieux quand il le faut. Avec lui je me suis peu à peu détendue, j’ai lâché prise et je me suis transformée !

 

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Aussi, ajouta Iléana, quand je suis rentrée à Véronaville, la semaine dernière, c’est tout juste si maman m’a reconnue ! J’ai totalement changé de style et adopté un look un peu plus fun. Je me me suis aussi offert une petite opération de chirurgie esthétique pour rééquilibrer mon visage que je trouvais trop anguleux. Oh pas grand-chose, je n’ai pas fait un complet ravalement de façade, je suis encore bien trop jeune pour en arriver là, ajouta-t-elle en riant. Je me trouve beaucoup plus jolie ainsi. Romano aussi apprécie ! C’est un peu grâce à lui que j’ai adopté ce style. Lui-même adore le style années 70. Il a décidé d’en farcir le mini-ranch que nous venons de louer. Nous sommes en plein travaux, aussi je dois te laisser, Boutondor.

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Avant de partir, Iléana nous montra des photos de son chez-elle. Sur l’une d’elles, elle était avec son fiancé dans leur salon. Ah ouais c’était tout plein de couleurs ! J’ai eu envie d’y aller pour voir ça de plus près. Elle raconta qu’elle habitait pas loin de chez mamie Juliette. Je ne devrais pas avoir trop de mal à trouver, puisque je connaissais un peu ce quartier.

Quant à Romano, son fiancé, c’est vrai qu’il avait l’air original ! Rien qu’à sa façon de s’habiller, on voyait que c’était pas n’importe quel monsieur. Et puis ces cheveux longs, ça aussi ça faisait très particulier. Mais ça lui allait bien. Iléana raconta qu’il était gérant d’une boîte de nuit. Non ? Pas celle du paradibulle, quand même ? Si ! Iléana raconta à Boutondor que Romano venait de racheter cette discothèque pour en faire un lieu de spectacles et de concerts. Mince ! Il n’allait pas supprimer le paradibulle, quand même ? Pas avant que j’ai essayé ? Faudrait que je me dépèche d’y aller quitte à prendre de nouveau un taxi toute seule en cachette, maintenant que je savais comment on faisait. Peut-être que Tosca viendrait avec moi si je lui demandais ?

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Iléana est partie retrouver son fiancé. Boutondor et moi on allait nous aussi quitter le marché, quand on a entendu une dispute juste derrière nous. C’était ma grand-tante Hermia qui discutait avec une jeune dame aux cheveux rouges que je n’avais encore jamais vue. Et elle n’avait pas l’air contente du tout. Elle lui faisait des reproches. Moi j’y comprenais rien, je ne savais pas de quoi elles parlaient. Mais Boutondor s’est arrêtée pour écouter et elle, elle avait l’air de tout bien comprendre. Du coup elle ne bougeait plus.

- Vos manigances ont assez duré ! disait Hermia à la jeune dame. Nous savons bien, Puck et moi, que vous ne vous intéressez à Luchino que pour son argent, celui qu’il gagne dans son métier de comédien, et celui de notre famillle. Un bon conseil : fichez-lui la paix et trouvez-vous un autre pigeon !

Boutondor était toute surprise :

- Diantre ! Jamais je n’ai vu Hermia aussi en colère. Jamais je ne l’ai même vue en colère du tout ! Je n’aurais jamais cru qu’elle en était capable si je n’avais vu ce qui vient de se passer avec Béryl.

- Béryl ?

- Oui, c’est le prénom de cette jeune femme, m’expliqua Boutondor. Une amie de la famille, paraît-il. Je ne la connais pas mais j’ai souvent entendu parler d’elle par ton oncle Benvolio. Il a eu une petite aventure amoureuse avec elle quand il était adolescent. Apparemment, puisqu’il est maintenant casé avec ta tante Clarissa, Béryl s’est rabattue sur Luchino, le fils d’Hermia. Quoique. Rabattu n’est pas le bon mot : Luchino est un beau parti ! C’est un comédien célèbre, célibataire, beau comme un Dieu… Béryl n’est pas la seule à lui courir après !

 

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Luchino ? Encore quelqu’un que je ne connaissais pas. De toutes façons, il était l’heure de rentrer à la maison. Boutondor a téléphoné pour appeler un taxi et on est allées s’asseoir sur un banc en l’attendant.


Je commençais à me dire, avec tout ça, qu’il se passait vraiment beaucoup de choses à Véronaville. J’avais envie de tout raconter dans un journal, ou dans un ordinateur, comme papa quand il écrivait ses analyses pour le travail. Des tas de gens écrivaient leur vie et ce qui se passait autour d’eux dans un journal intime, pourquoi pas moi ? Il y avait même des gens dont c’était le métier. C’était papa qui me l’avait dit, un jour, quand je demandais qui avait écrit les mots dans le journal où il faisait les mots croisés.

 

En pensant à tout ça j’ai eu envie moi aussi de faire ce métier-là. Ouais, j’aimerais bien être faire ça. J’allais commencer tout de suite, dès que je serais rentrée à la maison ! Je raconterais dans mon journal ce qui s’était passé au marché !

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24/08/05

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C’est quelques jours après que j’ai finalement fait la connaissance de Chiara, la lutine dont m’avait parlé Tosca. Ce n’est pas par Tosca que je l’ai connue : c’est grâce à l’école. Nos deux classes ont fait une sortie ensemble (on est tous allés au jardin des plantes, voir des spécimens de plante-vache que mon papa aurait beaucoup aimés) et comme Chiara avait entendu parler de moi par Tosca, elle est aussitôt venue vers moi. On a discuté dans le bus scolaire, et voilà : en sortant de l’école, elle m’a invitée chez elle.

 

Je sais, j’ai l’air de faire la tête sur la photo mais c’est parce que j’avais été malade en bus : j’étais contente d’en descendre ! Ce chauffeur avait conduit n’importe comment et si Chiara n’avait pas été là, ça aurait été affreux. Grâce à elle j’avais oublié de vomir tous mes sphaghettis bolognaise du déjeuner.

 

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Chiara, elle, pétait la forme. Elle était comme Tosca m’avait dit, coquine et toute joyeuse, avec de grands yeux éveillés. Tout de suite je lui ai fait confiance et sans réfléchir je lui ai dit que j’avais envie de raconter quelque part ce qui se passait à Véronaville. Je n’arrêtais pas d’y penser depuis le coup du marché mais je n’avais encore osé en parler à personne. J’avais peur qu’on me dise que j’étais trop jeune pour ça. Eh ben ça l’a tout de suite branchée !

- Ah ouais c’est super ! J’aimerais bien t’aider ! On pourrait même faire un vrai journal comme la maîtresse à l’école, qui fait un blog sur internet avec les recherches qu’on fait sur les plantes ou sur les animaux !

- Un blog ? C’est quoi ça ?

- Eh ben une sorte de journal où tu mets des articles nouveaux quand tu veux, quand t’as des nouveaux trucs à dire…

- C’est génial, ce truc ! Tu crois qu’on aurait le droit, à notre âge, de faire un truc comme ça ?

- Pourquoi pas ? Attends, on va demander à ma mère…

 

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Aussitôt elle est allée chercher sa mère, Elvia, celle qui fait l’exorciste dans sa tenue de travail originale. Eh ben hors du travail elle est originale aussi avec cette tenue hippie. Que c’était beau ! C’était comme leur salon, tout en vert en blanc, très nature, c’était beau aussi, ça rappelait une forêt de lutins… C’était pas pour rien que ces gens descendaient de la famille Songedété !

 

Elvia est presque jolie que ma maman. Elle a été très gentille, aussi. Elle a une très jolie voix, très douce. Elle nous a dit que nous pouvions bien sûr faire un blog pour raconter ce qui se passait, à condition que ce soit du sérieux. Sinon c’était pas la peine de commencer un truc pour le laisser en plan une semaine après.

- Super ! a dit Chiara. On va s’y mettre la prochaine fois que tu viendras !

- Ce sera un très bon excercice pour travailler ta bonne orthographe, lui a répondu sa mère.

Tiens, là, on aurait dit la mienne. Comme aurait dit papa, elle avait les pieds sur terre.

 

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Après, histoire de s’amuser un peu quand même, on est allées dehors, côté piscine. Là, il y avait la sœur de Chiara, Colombina, et un garçon qui s’appelait Orlando. Ils jouaient aux flêchettes. Orlando, j’en avais entendu parler par mon copain Antonino : c’était son frère ! C’était lui le fameux petit frère qui lui chipait ses jouets, quand il était plus petit. Il avait grandi ! Colombina et lui étaient dans la même classe à l’école. Encore deux enfants qui s’appelaient tous les deux Montecchi ! Et ils étaient les cousins de mes nouvelles copines, puisque leurs pères étaient frères !

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Ce qui m’a surpris, c’est que Chiara et Colombina se ressemblent comme deux jumelles. Ben oui elles sont exactement pareilles ! Elles ont l’air d’avoir le même âge et tout, alors que Colombina est beaucoup plus petite. Je l’ai trouvée sympa aussi mais encore un peu gamine : après tout moi aussi j’ai grandi, j’ai l’âge de sa grande sœur. Nous on en était à parler de faire un blog, comme les grands, alors que Colombina en était seulement à apprendre le jeu des fléchettes, alors… et fallait voir comment elle jouait, elle en mettait partout, jusque dans l’eau de la piscine. Sa mère lui a dit :

- Eh bien ma puce, tu seras quitte pour aller les chercher dans l’eau tout à l’heure.

Il faut dire que Chiara et sa sœur sont toutes les deux du signe des Poissons, un signe d’eau (ça c’est leur mère qui me l’a dit), alors forcément elles adorent la piscine, être dans l’eau.

 

C’est pas comme moi, j’suis du Bélier, un signe de feu… Non non, j’ai pas dit que j’aimais être dans le feu !

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On a joué un moment, tous les quatre, sur la terrasse. Mercutio qui passait par là est venu nous dire bonjour. Orlando et les deux lutines sont tous les trois ses petits-enfants, il était content de les voir. Quand il nous a vus tous ensemble, ça l’a fait rire, il a dit à Elvia :

- Eh bien, quatre mômes d’un coup, ça met de l’animation !

- Ah ne m’en parlez pas, a dit Elvia, j’ai l’impression d’avoir fondé une colonie de vacances.

Là, Chiara a eu une idée : elle a demandé à Mercutio de nous aider pour faire le blog. Il connaît tout le monde ou presque à Véronaville, il est ami avec plein de gens, ce serait super qu’il nous donne des tuyaux pour raconter ce qui se passait ! Eh ben il a dit oui. Super ! On n’avait plus qu’à commencer !  Je suis rentrée chez moi en sachant déjà de quoi j’allais parler dans notre premier article : le mariage de mon papy !

 

 

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Eh ouais, c’était quelques jours après ! La cérémonie s’est passée dans le jardin, chez eux. Comme cadeau, mon papy avait offert à Boutondor cette belle fontaine et ils se sont mariés devant. Boutondor avait un peu peur que les jets d’eau aspergent sa jolie robe, celle dont je n’avais dû parler à personne (et j’avais respecté mon secret ! Ouais, j’étais une grande fille, j’avais tenu parole !) mais Roméo a juré qu’il avait mis au minimum le système des jets d’eau le temps qu’ils se disent oui.

 

J’étais toute émue. Ça faisait drôle de voir mon papy dans ce beau costume, qu’ils étaient beaux tous les deux… Je sentais que c’était un moment très très important pour eux. Pourtant c’était que des échanges de bagues et on allait faire une fête après, et ils vivaient ensemble depuis longtemps, alors quoi ? Pourquoi ça me faisait cet effet là ? Faut dire que j’avais encore jamais assisté à un mariage. C’était mon premier. Pourvu que ce soit pas le dernier ! Je me suis imaginée à leur place avec mon futur mari. Aaaah, moi aussi je serais belle comme Boutondor ! Mais le futur mari ce serait qui ? Aucune idée. Auréliano était assis à côté de mamie Juliette, j’osais pas le regarder, j’avais peur de rougir… lui était tout content, décontracté, et tout…

 

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J’ai parlé tout bas à mamie Juliette :

- Psst ! Mamie ! Comment t’as su que c’était Mercutio que tu aimais le plus, plus que Roméo ? Parce que moi je sais pas lequel de mes copains je préfère…

- Tu as tout le temps de choisir, ma chère petite. Dans mon cas, ce fut difficile et seul le temps m’a permis d’y voir clair. Le temps et l’expérience. Laisse les choses se faire sans vouloir aller plus vite que la musique, ma chérie.

Le problème c’était que moi j’étais pressée d’y voir clair, ça devait être mon côté Bélier : on est des gens fonceurs, pas patients du tout. C’était bien ma veine. Le pire c'est qu’Auréliano aussi est Bélier ! Ouais ! Deux fonceurs ensemble !

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Pendant ce temps, mamie Juliette, elle, s’étonnait d’être là, en train d’assister au remariage de son premier amour, son premier mari et elle répétait sans arrêt :

- Je n’en reviens pas. Sacré Roméo ! Qui aurait cru qu’il en viendrait là ? Il n’y a que Boutondor qui a réussi ce miracle. C’est vraiment incroyable !

Mais la cérémonie s’éternisait parce que Boutondor, elle, répétait sans arrêt à Roméo :

- Tu es sûr que tu veux vraiment m’épouser ? Tu es en vraiment sûr ? Réfléchis bien une dernière fois, avant de me passer la bague au doigt, après il sera trop tard !

- Puisque je te dis que je le veux ! Assez de questions ! Laisse-moi te mettre cette bague au doigt avant que je change d’avis.

C’est tout juste s’ils ne se disputaient pas sous la romantique arche de mariage. Derrière moi, Mercutio et Puck, le frère de Boutondor, en riaient :

- Heureusement que le bruit de l’eau, derrière eux, couvre un peu celui de leurs premiers démélés conjugaux…

Donc vous voyez, y’avait de l’ambiance…

 

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Et les plaisanteries continuaient, venaient de partout chez les invités :

- Vous croyez qu’il va vraiment la lui mettre, cette alliance ?

- Cent simflouzes qu’au dernier moment il se débine.

- Deux cent simflouzes ! Il va nous dire que c’était une blague !

- J’avoue que ça ne m’étonnerait pas…

- Ah ben moi non plus. On aura tout vu avec ce bougre de Roméo !

Tout vu quoi ? J’étais pas contente, ils avaient l’air de se moquer de mon papy.  Mais ceux qui ont parié en ont été pour leurs frais parce que papy l’a finalement mise, cette bague, au doigt de Boutondor ! Ouais !


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(Ndlr : et sans auréole rouge au-dessus de la tête…  comme on peut le voir sur la photo… l’auréole fut tout juste rose…du jamais vu chez un sim d’aspiration amour !)

 

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Après, bien sûr, on a tous fait la fête ! C’était super. On a mangé un très bon gâteau qui avait dû coûter bonbon. On a dansé, on a mis la musique à fond, on a fait beaucoup de bruit dans le jardin. Au moment du champagne, mamie s’est retrouvée en maillot : elle avait profité du mariage pour aller faire un tour dans la baignoire rouge, la baignoire Folamour. Elle était si bien là-dedans qu’elle en avait presque oublié le mariage et la fête. Roméo avait dû aller la chercher :

- Juju ! Tu viens ? On fait un toast en l’honneur de Boutondor !

Moi j’avais pas encore droit au champagne, j’étais trop jeune. J’ai passé mon temps à danser avec Auréliano, jusqu’à très tard. Quand la nuit est venue, on était toujours là, tous les deux, en train d’imiter les grands faisant de la valse et tous ces machins très sérieux. On s’amusait comme des fous !

 

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 On était tellement occupés qu’on a même pas vu mon papy et Boutondor partir en limousine pour leur voyage de noces. Ils allaient visiter Venise qui leur avait été conseillée par Mercutio et mamie Juliette.

 

Auréliano et moi, on était nous aussi un peu amoureux, je m’en rendais bien compte. Personne ne faisait attention à nous, il faisait nuit mais nous étions toujours là, ensemble, nous n’arrivions pas à nous dire au-revoir.

 

Alors ce soir-là, nous aussi on s’est promis de veiller l’un sur l’autre et de passer notre vie ensemble. On a fait ça en cachette, c’était que pour nous. Il m’a dit à l’oreille :

- Tu veux bien qu’on se marie quand on sera grands ?

J’étais toute chose, je sentais des picotements sous les bras. J’arrivais plus à parler alors j’ai juste fait oui de la tête. Après on s’est souri et on s’est pris les mains. Ouh, que c’était romantique ! C’était comme dans les films à la télé. J’avais l’impression d’entendre la musique pendant que les héros s’embrassaient… Oui parce qu’on s’est embrassés ! Mais pas sur la bouche. Auréliano n’a pas osé, je crois qu’il est un peu timide. Moi aussi tout à coup je l’étais. Mais on se regardait, on ressentait plein de choses, lui et moi, ça suffisait.

 

Ainsi, le jour du mariage de mon papy, je me suis un peu mariée, moi aussi. J’étais contente : je ne finirai pas vieille fille comme ma maîtresse à l’école. Ouf !

Fin de la première partie

Retrouvez Isotta et ses proches dans la seconde partie :
"Le Journal de Véronaville" (dans la section "catégories")

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05/09/05

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Résumé de la première partie

Isotta, petite-fille de Juliette et Roméo, se pose bien des questions sur ses grands-parents : pourquoi ne sont-ils pas mariés et ne vivent-ils pas ensemble ? Pourquoi sa mamie est-elle mariée à un autre, tandis que son papy vit avec une certaine Boutondor ? Et pourquoi sa cousine Tosca prétend-elle avoir deux papys, elle ?

Peu à peu, et contre l'avis de sa mère, qui voudrait lui cacher ces histoires de famille, Isotta va trouver des réponses et découvrir le passé de sa grand-mère Juliette. Dans le même temps, devenue l'amie de trois garçons de son âge, elle réfléchit à son avenir : lequel épousera-t-elle quand elle sera devenue grande ? Grave question !

Devenue l'amie de Chiara, une petite lutine, petite-fille de Mercutio, elle décide de créer avec elle un journal pour raconter la vie des habitants de Véronaville, tous plus ou moins membres de sa famille. Son premier article est consacré au mariage de Boutondor et Roméo. Ce jour-là, elle décide d'épouser plus tard Auréliano, fils adoptif de Boutondor, du même âge qu'elle.

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1. Enfin l'adolescence !

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C’était un soir d’avril, puisque, comme je l’ai dit, je suis du signe du Bélier. Ce soir-là, j’ai fêté mon anniversaire. C’était donc un jour tout particulier. Je quittais l’enfance, j’entrais dans l’adolescence. Pas trop tôt ! Depuis le temps que j’attendais ça… J’allais pouvoir sortir seule comme les grands, m’acheter des fringues, et tout. J’en rêvais sans trop savoir ce qui m’attendait. Qu’allais-je trouver dans ce nouveau monde qui s’ouvrait à moi ? La vraie vie ? Ou bien des boutons d’acné ? Aaah… pas ça, pitié ! Si jeune et déjà défigurée, quelle injustice ! A quoi j’allais ressembler quand j’aurais soufflé les bougies ? Bon ben pour le savoir, y’avait qu’à souffler, hein… allez, à la une, à la deux, à la trois…. Et voilà ! C’est parti ! En avant pour le grand saut sous les hourrahs de mes parents émus !



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Un grand « paf » a résonné dans tout le salon. J’ai quitté mon enveloppe enfantine devenue trop étroite et, telle une chrysalide, mon nouveau « moi » est né sous l’œil attendri et ébloui de la famille. Comment me trouvez-vous ? Pas trop mal, non ? Dites, j’ai comme l’impression que je ressemble vachement à mon papy… Ouais, mon grand-père Roméo, on le lui a d’ailleurs déjà dit et il en est tout fier ! Il lui arrive même de plaisanter, en disant : « Celle-là, au moins, on est sûr qu’elle est ma petite-fille ». Pas de doute là-dessus, mon papynou. Moi aussi je suis fière d’être ta petite-fille !

Voilà, j’ai l’âge des premières sorties en boîte ! Euh, j’exagère peut-être un peu, disons que j’ai l’âge du premier baiser. Celui-là, je l’ai déjà eu enfant, hi hi, souvenez-vous, avec mon copain Auréliano… Nous n’avons pas attendu, nous, après tout il n’y a pas d’âge pour s’embrasser ! Donc puisque j’ai déjà vécu ça, eh bien maintenant je vais vivre tout le reste ! Quoi, au juste ? Eh ben tout, quoi !



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A commencer par un truc dont rêvent toutes les petites filles et qu’elles font parfois en cachette : se maquiller ! Aussitôt j’ai foncé dans la salle de bains et j’ai fouillé dans la trousse de produits de beauté de maman. On ne peut pas dire qu’avec son métier d’ultrasim elle soit du genre à passer trois heures à se pomponner, aussi elle a peu de choses en stock : quelques rouges à lèvres, quelques crayons pour les yeux…. Bon, faudrait faire avec. J’ai pris ce que j’ai trouvé et j’ai fait ma petite cuisine, seule devant la glace.

Voilà le résultat. Bon, j’en ai peut-être fait un peu trop, là. Je ne me reconnaissais plus. C’était moi, ce pot de peinture ? J’ai fini par tout enlever. Je ferais peut-être bien de demander des conseils à maman ou à mamie pour débuter. Elles aussi sont passées par là, avant moi.  A moins qu’on ne discute de tout ça entre copines. Oui, parce que mes copines aussi ont l’âge de chiper le maquillage de leur mère !


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Chez ma cousine Tosca, ça s’est passé exactement comme chez moi. Gâteau, flonflons et cris de joie dans la maison. Tata Clacla et tonton Yoyo (c’est comme ça que j’appelle affectueusement tonton Benvolio) ont applaudi à la transformation de leur fillounette chérie. Angélino était là aussi. C’est devenu un grand garçon, qui ressemble à son père. Quant à Tosca, on peut difficilement ne pas remarquer sa ressemblance avec sa mère.

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Sans mentir, c’est Clacla tout craché. Surtout le nez. Les yeux bleus, eux, en revanche, sont hérités de… devinez qui ? Tonton Yoyo, bien sûr, qui lui-même les tient de mamie Juliette ! Comme moi, en somme ! On est deux cousines avec un air de famille. Ainsi, grâce à nous, la famille Capuleti, dont le nom était désormais éteint, continue à vivre. Et y’a de beaux restes ! Elle s’est infiltrée dans d’autres familles, qu’elle enrichit, à laquelle elle ajoute de nouvelles couleurs. Sans elle, jamais les Montecchi n’auraient dans leurs rangs ces détenteurs de jolis yeux bleus.


C’est là toute l’œuvre de notre mamie Juliette que nous aimons tendrement. Et pour être sûre de réussir son coup, mamie a cueilli les petites graines chez les deux frères, les deux patriarches de la famille, mon grand-père et celui de Tosca. On n’est jamais trop sûr du résultat quand on cherche à perpétuer ses gênes, avait-elle dû penser à l’époque, alors deux fois valent mieux qu’une.



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De son côté, sa sœur Hermia n’a pas encore réussi à en faire autant. Les yeux bleus, chez les Songedété, n’ont pour le moment pas dépassé la première génération. La seconde a jusqu’ici hérité des yeux bruns de la branche Montecchi. Regardez ma copine Chiara. Eh oui la petite lutine, fille aînée de Patrizio (le fils de Mercutio) et d’Elvia (la fille de Puck et Hermia). Elle est devenue grande elle aussi ! Remarquez, même sans yeux bleus, elle est plutôt jolie.

D’elle ou de Tosca, je ne sais qui est ma meilleure amie. Je les adore toutes les deux. A nous trois, nous avons fini par créer ce blog qui est devenu le journal de Véronaville, où nous racontons tout ce qui se passe dans nos familles. Je vous en parlerai plus tard. Mais pour le moment, place à la vie d’ado et à nos premières sorties de filles ! Boutiques de fringues, à nous deux ! Banzaï !



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Oui parce que vous n’imaginez pas que nous allions garder ces fringues-là ! Ok, elles n’étaient pas trop moches, mais c’étaient celles achetées par nos parents, donc forcément on s’en balance ! Notre premier acte d’indépendance consista donc, dès le lendemain de mon anniversaire, à aller faire les magasins, l’activité la plus merveilleuse et la plus épanouissante qui soit pour toute adolescente digne de ce nom. Chiara n’a pas pu venir mais nous a promis que ce n’était que partie remise. Nous avons donc décidé, Tosca et moi, de mettre en commun notre argent de poche pour dégoter des trucs sympas. A notre arrivée devant le centre commercial, j’ai sorti mon porte-monnaie contenant tout mon trésor (à peine deux cent simflouzes, grrr…) et je lui ai dit :

- Aboule le fric, ma vieille, on va tout recompter pour savoir ce qu’on peut ou pas acheter !

- Oh ben tu sais, j’ai pas apporté grand-chose, a-t-elle dit, j’ai préféré mettre de côté une partie des sous que j’ai reçus pour mon anniversaire. J’aimerais m’offrir quelques livres et un nouveau télescope, celui de papa est naze.


Ça c’est tout Tosca. Pour elle, ce qui compte, c’était d’abord les études et les bouquins. Les garçons, les fringues, les sorties, ouais, bon, c’est sympa, mais y’a pas que ça dans la vie.

Heureusement que c’est ma cousine, sinon je la trouverais bizarre. Je pense tout le contraire ! Les études et le bouquins c’est sympa mais enfin y’a pas que ça dans la vie !


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On est donc entrées dans le magasin le plus tendance de Véronaville. Enfin, quand je dis tendance, ça ne concerne pas la déco. Tout ça m’a paru un peu trop classique, ça manquait de couleurs, de paillettes, de trucs qui brillent et de miroirs. Si j’étais décoratrice, je te me relookerais tout ça, moi, et que ça saute ! Je mettrais des carreaux brillants sur le sol, refletant notre beauté naturelle (ben quoi ?) et claquant sous les pas, de la musique, des cabines d’essayages aux couleurs flashy, des lumières clignotantes et des spots et des tas de trucs comme ça !

D’ailleurs ça m’a donné une idée. Juste à côté se trouvait la discothèque de mon oncle Romano. Oui, celle qui s’appelle « Le paradibulle », où se trouve l’objet du même nom tant convoité depuis mon enfance. En journée, elle est fermée, mais mon oncle est là, lui ! Il y passe une partie de son temps puisque c’est son lieu de travail. Oh oh… J’en ai soudain oublié nos achats de fringues… J’avais trouvé plus intéressant à faire. Oui oui, c’est possible !

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- Psst ! Tosca !

- Mmm ???

J’ai dérangé ma cousine pour lui parler de mon idée. Très concentrée, comme pour tout ce qu’elle faisait, elle était consciencieusement occupée à regarder sous toutes les coutures les robes d’un portant, et s’est donc étonnée que j’aie soudain changé d’objectif.

- Dis, si on allait visiter le Paradibulle, à côté ? lui ai-je murmuré à l’oreille. C’est l’occasion ou jamais !

- Huh ? Le Paradibulle ? T’es folle ! C’est interdit aux mineurs !

- Pas tout le temps ! Certains jours, ils peuvent entrer, y compris les enfants.

- Mais c’est pas la bonne heure ! C’est fermé !

- Pas pour nous ! Tonton Romano est là, il nous laissera entrer !

- T’es sûre ?

- Ben y’a qu’à aller voir, on le saura vite !

Seule, Tosca n’aurait jamais osé me suivre. Si j’avais voulu une complice pour faire les quatre cent coups, avec elle, c’était mal barré. Sans aller jusqu’à dire que c’est une fille sage, c’est… eh ben… Oh et puis si, disons-le, c’est une fille sage ! Jamais elle n’irait au paradibulle sans demander la permission à son popa et sa moman !

Eh ben ma vieille, maintenant va falloir que ça change, t’as plus l’âge de demander la permission pour tout. Un peu d’indépendance que diable ! Un zeste d’initiative, ça te préparera à la vie d’adulte ! Du nerf ! 


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On a donc laissé tomber les fringues (c’est dire si le Paradibulle nous attirait, surtout moi), et on est allées en face, dans l’autre partie du centre commercial. Aaaaahhh… ce décor ! C’était exactement comme ça que j’imaginais la boutique de fringues ! Tonton Romano était là, en train de jouer au flipper. Bien sûr il prétendrait, en nous voyant, que c’était pour le tester, voir si ça marchait bien. Qu’il ne s’amusait pas pendant le travail, loin de lui cette idée. Cause toujours, tontounet.

Tiens, Colombina était là aussi ! Quand je disais que l’endroit était ouvert aux mômes…. Elle était si fascinée par ce décorum de soirée disco qu’elle ne nous avait même pas vues. Comme nous, elle regardait Romano, attendait qu’il s’aperçoive de notre présence. Ce qu’il finit par faire. Ben oui, la partie de flipper était finie.



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Colombina est une petite coquine. Pire que Chiara sa sœur aînée. Avant même que nous ayions pu nous approcher de tonton Romano, elle était là, devant lui, se composant la bouille la plus choupinette possible et disant :

- Dis, m’sieur, j’peux essayer le paradibulle ? Mes parents m’ont dit que je pouvais.

Romano avait vite reconnu la fille des cousins de sa femme. Eh oui, Iléana est à la fois la cousine de son père Patrizio et celle de sa mère, Elvia, dont Colombina a hérité ses oreilles d’elfe.

- Il faut une autorisation des parents pour aller au paradibulle, à ton âge, répondit-il. En leur absence, je ne peux pas te laisser y aller.

Colombina joua si bien la comédie du dépit (fallait voir sa mine soudain toute attristée), qu’il se laissa attendrir.

- Bon, bon, d’accord, vas-y.

Il avait dû se dire qu’après tout c’était lui le patron, et que Colombina était de sa famille, donc il pouvait bien, lui, lui donner l’autorisation. Colombina ne se le fit pas dire deux fois.

- Chouette ! Merci m’sieur !


Tosca et moi, on s’est engouffrées dans la brèche.

- Et nous, et nous ! On peut essayer aussi tonton Romano ? On en meurt d’envie !

(enfin surtout moi, parce que Tosca, elle, faisait sa timide…)

Comment Romano aurait-il pu dire non à deux grandes filles comme nous, alors qu’il venait de dire oui à une petite ?

- Bon, ok, mais juste un moment, hein… le contrôleur doit bientôt venir faire ses tests sur le produit.



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Bah ! Le contrôleur, c’était mon père, alors… qu’il vienne, on lui dirait que tonton Romano nous avait autorisées à essayer ! C’est donc avec une grande excitation que je me suis approchée de cette chose étrange mais très belle dont j’avais tant rêvé depuis mon enfance.

Le paradibulle ! Certains mômes rêvaient de voyager en tapis volant, d’autres de devenir astronautes, d’autres encore de voir arriver le prince charmant sur son cheval blanc et tout un tas de machins dans le genre. Eh ben moi je rêvais du paradibulle, na ! J’allais vivre le moment le plus attendu, le plus espéré de toute ma vie ! L’aboutissement de longues années de patience ! J’allais réaliser mon rêve, quoi. Tambours et trompettes, tintamarrez ! Moi, Isotta Colino, j’avais obtenu ce que je désirais le plus au monde ! Aucune autre fille ne pouvait être plus heureuse que moi en cet instant. Oh là là ! J’en avais même le trac. Allais-je oser m’asseoir sur ce joli petit tapis rose ? J’en avais les jambes tremblantes.

Posté par ca_mi_phi à 16:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]