18/07/05

 

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Ici commence la suite de "Véronaville, l'autre amour interdit",
seconde partie de mon histoire de ce quartier.

La narratrice est maintenant Isotta, petite-fille de Roméo et Juliette,
dont la naissance avait eu lieu dans l'épilogue de l'histoire précédente.

Isotta vous conte sa vie d'enfant, puis d'adolescente,
avec le ton de son âge, au coeur de sa grande famille, avec ses nombreux amis.

Elle vous entraînera dans son monde, vu avec ses yeux d'enfant....

A Véronaville, la vie continue !

(si vous souhaitez lire ou relire "Véronaville, l'autre amour interdit",
cliquez sur le lien colonne de gauche).

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Saluto a tutti ! Salut, quoi. Moi, c’est Isotta. Je suis la fille de Fiorella et Ugo. Si vous avez lu l’histoire de ma grand-mère Juliette, vous me connaissez déjà. Souvenez-vous, c’était moi, le joli bébé que maman tenait dans ses bras à la fin de l’histoire. J’ai grandi, pas vrai ? Je suis une grande fille, maintenant ! Je vais vous raconter mon histoire et ma vie, déjà bien remplie. Si, vous verrez ! J’ai des tas de choses à vous dire !

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Mais revenons un tout petit peu en arrière, avant ma naissance.  Il y a longtemps quoi, à la préhistoire… C'est-à-dire à l’histoire de mes parents. Si vous avez tout bien suivi, vous avez vu que j’ai bien failli ne jamais être là pour vous raconter ma vie. Allez savoir pourquoi, ma maman a failli préférer un autre garçon quand elle était étudiante. Pourtant elle connaissait papa depuis longtemps, depuis l’âge de ses premières boums (un truc où vont les grands sans leurs parents). Ensuite ils sont partis ensemble à l’université (un autre truc où vont les grands sans leurs parents, mais ceux-là sont encore plus grands, j’espère que vous suivez ?). C’est là-bas que tout s’est embrouillé. Au début, maman croyait préférer l’autre garçon. Mais heureusement papa a eu la bonne idée de lui offrir une jolie bague de fiançailles, ce que n’avait pas fait l’autre. C’est lui qui a remporté la mise.

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On se demande vraiment ce qui a pu pousser maman à préférer un autre garçon à papa ! Même juste un moment ! Un moment d’égarement, oui ! Il est si beau, mon papa, si gentil, si élégant, si… et puis c’est mon papa, quoi ! Il n’a que des qualités, il fait tout ce qu’il peut pour maman. Il a même changé plusieurs fois de travail. Dans l’un d’eux il a appris à faire de la photo, mais il a fini par changer. Même maman lui disait de le faire, qu’il était trop jeune pour s’encroûter dans un job où il ne se plaisait qu’à moitié.

 

Alors il est devenu euh… je ne sais plus comment ça s’appelle. Naturoprate ou un truc comme ça. Me demandez à quoi ça sert, j’en sais rien ! Je n’étais pas encore là pour le voir. Je n’étais encore qu’une petite graine dans le ventre de maman. Ça je ne m’en souviens pas. Heureusement parce que ça ne doit pas être marrant d’être juste une graine, on ne peut pas jouer aux cow-boys et aux indiens dans le jardin. Bon je ne comprends pas bien comment on devient bébé après avoir été graine, mais il doit bien y avoir une explication, un truc de grandes personnes.

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Bref, papa est devenu natruro… non, pardon, naturoprate. Et même que ça faisait beaucoup rigoler ma grand-mère Juliette. Regardez-là, comme elle se marre. En plus d’avoir toutes les qualités, mon papa sait faire rire.

 

Il racontait souvent à mamie Juliette les histoires d’un truc appelé la plante-vache qu’il avait mis dans le jardin, devant la maison. ça décorait, ça faisait joli, original et tout. Personne d’autre n’avait ça dans le quartier. Mais c’était dangereux, aussi. Un jour, un voisin est venu se plaindre que la plante-vache avait failli manger sa femme. S’il avait voulu s’en débarrasser, ç’aurait été très bien, alors quoi ? lui répliqua papa. Puis ce fut mon oncle Patrizio qui faillit être mangé. Là c’était plus grave. Si quelqu’un de la famille y passait… Maman préféra demander à papa de jeter cette plante. « Il y a eu assez d’histoires comme ça dans la famille », disait-elle.

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De quelles histoires parlait-elle ? J’en sais rien. En tout cas, maman a fait ses excuses à mon oncle Patrizio. Enfin, quand je dis «mon oncle», je me trompe. Ce n’est pas vraiment ça, c’est le cousin de maman. Des fois j’aimerais qu’on m’explique pourquoi le cousin de maman n’est pas aussi le mien. Mais bon, comme je l’ai déjà dit, je n’étais pas encore là à ce moment-là. J’étais la petite graine dans le ventre de maman.

 

«Excuse-nous Patrizio, je te jure que ça ne se reproduira plus», lui jura maman. «Si nous avions su que cette plante était une telle menace pour nos voisins et proches, nous ne l’aurions jamais mise là. Ugo fait des expériences pour son métier et m’avait promis qu’il contrôlait la situation. Mais la plante a évolué différemment de ce qu’il avait prévu. Elle est vache, cette plante ! C’est que le cas de le dire !»

«Ce n’est rien, Fiorella, répondit Patrizio. Plus de peur que de mal. N’en parlons plus. Viens quand tu veux à la maison avec Ugo. Nous vous accueillerons avec plaisir, Elvia et moi».

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19/07/05

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Mon tonton Patrizio (allez, je l’appelle tonton, tant pis si c’est pas vrai), habitait de l’autre côté du fleuve, chez les lutins. C’était comme ça qu’on appelait ceux qui avaient les oreilles en pointe. La tante de maman, Hermia, avait épousé l’un d’eux, Puck, l’ancien maire de Véronaville, maintenant à la retraite. Leur fille Elvia avait épousé mon tonton Patrizio. Je sais c’est compliqué et encore là c’est rien, vous allez voir tout à l’heure, ce sera pire….

 

Donc Patrizio vivait là-bas avec Elvia et il avait installé dans le jardin de leur maison une machine pour fabriquer des chocolats. Mmm… Qu’ils étaient bons ! Ça lui permettait d’avoir plus de sous et d’être connu dans le monde de la cuisine. Il avait déjà plusieurs restaurants, on l’appelait « le chef ». Il ne travaillait là-bas que 3 jours par semaine et, le reste du temps, il inventait de nouvelles recettes.

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Maman, elle, était dans la police. Elle voulait même devenir ultra-sim. Avec ses études et son diplôme de l’université, elle savait que ce serait vite fait. Papa était fière d’elle et la regardait partir travailler le matin. Il la trouvait belle dans son uniforme bleu qui allait si bien avec ses cheveux blonds. 

 

Quand elle partait toute la journée c’était même lui qui faisait la vaisselle et taillait les fleurs. Mais maman a fini par ne plus pouvoir mettre son uniforme et de toutes façons, à la police, ils lui ont dit de rester un peu chez elle : elle m’attendait et je prenais de plus en plus de place dans son ventre. Je n’étais plus une petite graine, j’étais presque un vrai bébé. Presque moi. Planquez-vous, j’arrive !

 

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Me v’la ! Regardez comme maman était contente de me voir ! «Bonjour mon bébé, bonjour mon Isotta !». Et moi je la regardais toute surprise, je me demandais qui c’était : «Alors c’est toi ma maman ? T’es belle dis donc !»

 

Oui bon, je sais, je n’avais pas beaucoup de cheveux à ma naissance. Le fournisseur de bébés avait oublié de les mettre dans le paquet. Ils sont arrivés plus tard. Maman me donnait à boire un truc qui s’appelait le Lait Futé. C’est sûrement ça qui a fait pousser mes cheveux. Les mêmes que papa, tout noirs. Mais j’ai les yeux bleus et la peau bronzée de maman, là ! Si avec tout ça on ne me croit pas quand je dis que je suis italienne… Mon prénom veut dire « Iseult ». Quand j’ai un peu grandi, maman m’a raconté qu’un gars appelé « Tristan » a eu une histoire d’amour très triste avec une fille appelée comme ça. C’était longtemps avant ma naissance. «Ils sont tous morts maintenant», qu’elle a dit aussi. Ah bon, alors s’ils sont tous morts et si c’était il y a longtemps, tout ça ne m’intéresse pas !

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22/07/05

 

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Allez, je suis sympa, je ne vous raconte pas comment j’ai appris à faire sur le pot après la période des couches. Vous vous en fichez, pas vrai ? Même mon papa qui pourtant m’adore n’a plus très envie d’y penser. Voyez sur la photo comment il adoré ça ! C’est bien pour lui faire plaisir, pourtant, que j’ai accepté de rester assise sur ce qu’ils appellent le « trône ». Eh ben si c’est là-dessus que s’assoient les rois et les reines, je préfère rester euh… comment dit-on ? Roturière ? Ce mot me fait penser à contrebandière… N’est-ce que pas que j’en connais plein, des mots, pour mon âge ? Oui je sais, je suis bavarde, mais pendant ce temps je vous fais oublier ces bêtes histoires de pot. Hi hi.


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Je grandissais, je reconnaissais les gens autour de moi et j’aimais bien qu’on me fasse des chatouilles. Je me souviens que ma mamie Juliette venait souvent s’occuper de moi. Elle me gardait pendant que papa faisait le naturoprate et maman l’ultra-sim. Elle était gentille, elle me lisait des histoires. Elle aussi avait l’air de bien m’aimer. J’étais sa première petite-fille et elle espérait en avoir plein d’autres comme moi. On est vite devenues copines, elle et moi. Elle avait des cheveux blancs, et puis c’était la mère de maman, alors ça me faisait drôle quand maman et papa lui disaient : «Alors comment va la jeune mariée ?» Tiens… Comment c’était possible qu’elle soit jeune mariée puisqu’elle n’était plus jeune ?


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Quand j’ai un peu grandi, et que je pouvais mieux comprendre, maman m’expliqua que mamie Juliette s’était mariée peu avant ma naissance avec un monsieur appelé Mercutio Montecchi. Ah bon ? Qui c’était celui-là ?

- Mercutio est mon oncle, m’expliqua maman. Ta mamie le connaît depuis très longtemps. Finalement ils se sont mariés et maintenant ils vivent ensemble. Mais comme c’est assez récent, on les appelle «jeunes mariés».

 

Ah ? Mais pourquoi ils ne s’étaient pas mariés avant ? Pourquoi avoir attendu d’avoir des cheveux blancs ? Enfin bon. Si j’avais tout bien compris, puisque Juliette était ma mamie, Mercutio était mon papy ! Logique, non ? Chouette! J’avais un papy, aussi ! Nananère !

- Euh… Non, non ma chérie, ce n’est pas tout a fait ça, dit maman. Mercutio n’est pas ton papy.

- Comment ça, il n’est pas mon papy ?

Décidément c’était bien compliqué le monde des grands !

- Eh bien, Mercutio n’est pas mon père, dit maman. Donc il ne peut pas être ton papy.

- Mais alors c’est qui mon papy ?

J’étais paumée, moi. Je me sentais volée. Qu’on me donne un papy, n’importe lequel, mais j’en voulais un !

 


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- Ton papy s’appelle Roméo, dit maman. Il te connaît déjà, tu sais. Il t’a même donné le biberon quand tu étais bébé.

- Alors il me connaît et moi je le connais pas ? j’ai dit tout tristement.

- Il viendra bientôt nous voir, dit maman.

C’était vrai. Le lendemain soir, j’étais en train de jouer dans ma chambre quand maman m’appela :

- Isotta ! Papy est là !

Et elle m’a présenté mon vrai papy. C’est le papa de ma maman. Elle m’avait dit qu’il avait été ultra-sim, lui aussi, et que c’était pour ça qu’elle avait voulu l’être aussi. J’ai eu un peu de mal à imaginer ce vieux monsieur dans une belle tenue de héros de la police, mais bon, si maman le disait ça devait être vrai…

- Bonjour monsieur. Alors c’est toi mon papy ?

- Bonjour ma petite fille. Oui, c’est moi. Tu es très jolie, tu sais.

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Sérieux ? Après tout c’était normal, maman est très très belle, peut-être la plus belle maman de Véronaville, alors j’aurais pas pu être moche. Même Clarissa, la star de cinéma qui habite avec mon tonton Benvolio, n'est pas plus belle que maman. Oui, dans la famille nous avons une star de cinéma. Je vous la montrerai bientôt.

 

Avec mon papy, on a beaucoup parlé ce soir-là. On a parlé de sport, de jeux, de jouets… il a vu que j’étais une petite fille pleine d’énergie. Je l’ai même fait rire quand je lui ai raconté mon premier jour à l’école.

- C’est bizarre, les autres enfants s’appellent tous Montecchi ! que je lui ai dit.

- C’est normal, dit-il. Ce sont les enfants des cousins et cousines de ta maman. C’est vrai qu’ils sont nombreux. Mais si tu veux, je t’en présenterai un qui ne s’appelle pas comme ça.


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Chouette ! Il est génial, mon papy, il sait tout faire, même trouver des copains qui sortent de l’ordinaire, c’est-à-dire qui ne s’appellent pas Montecchi. Il m’a promis de me l’amener le lendemain. Il m’a même dit qu’après je pourrais aller chez lui. C’était super, parce qu’il avait une piscine, alors que chez nous, la piscine n’était pas encore construite. Maman disait que les travaux allaient bientôt démarrer.
 

J’aurais aimé demander à mon papy Roméo pourquoi ma mamie Juliette et lui n’étaient pas mariés et ne vivaient pas dans la même maison. Seulement voilà, j'ai pas osé poser la question. J'ai eu peur que ça le gêne. Je ne sais pas pourquoi. Normalement je dis très facilement ce qui me passe par la tête, mais là… je n'ai pas pu. Alors tout ça restait bizarre pour moi. Mais après tout, je pouvais demander à maman !

 

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Manque de chance, maman a été malade ce soir-là et je n’ai pas pu lui demander. Papa était avec elle. A ce que j’ai compris, maman avait une autre graine dans le ventre pour faire un nouveau bébé, et elle était fatiguée. J’ai été à la fois déçue de ne pas avoir eu de réponses à mes questions et très contente : j’allais avoir un petit frère ! Ou une petite sœur ! Chouette ! Mais pour ça, il fallait que maman se repose. Alors je n’ai pas osé l’embêter avec mes questions.

 

Le lendemain, je suis partie à l’école en rêvant au nouveau copain que m’avait promis papy et qui ne s’appellerait pas Montecchi. C’est vrai, quoi. Pourquoi ils s’appellent tous comme ça par ici ? Moi je m’appelle Colino, comme mon papa, pourquoi pas eux ? Y z’en ont pas marre de s’appeler tous pareils ? 


 

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Voilà mon nouveau copain ! Celui promis par papy. Il s’appelle Aureliano et pas Montecchi, lui ! Son nom de famille, c’est Songedété, qu’il a dit. Sans blague ? C’est un nom, ça ? Finalement il aurait mieux fait de s’appeler lui aussi Montecchi ! Ou Colino ! En plus il m’a dit que c’était pas son vrai nom !
- Mais alors, c’est quoi ton vrai nom ?
Décidément la vie était bien compliquée avec ces gens ne portant pas leur vrai nom et ces papys et mamies qui n’habitaient pas la même maison. J’aurais peut-être mieux fait de rester une petite graine, moi, tout était plus simple à l’époque.
- Je ne connais pas mon vrai nom, dit Aureliano. J’ai été adopté. Je suis le fils adoptif de Boutondor Songedété. Je vis avec elle et Roméo. Il m’apprend à jouer aux échecs.

- Aux échecs ? J’aimerais qu’il m’apprenne, moi aussi. Tu as de la chance d’habiter avec mon papy. Et cette Boutondor, c’est qui ?

- Ben je t’ai dit, ma mère adoptive…

- Oui mais qu’est-ce qu’elle fait chez mon papy ?

- C’est plutôt lui qui est chez elle. C’est la sœur de Puck.

- Puck ? Le vieux monsieur aux oreilles de lutin qui est marié à la tante de maman ?

 

(Quand je vous disais que c’est compliqué… comment voulez-vous comprendre à mon âge?)

- Je sais pas, a dit Auréliano. Sûrement que oui. Boutondor a des oreilles de lutin elle aussi.

- ça alors ! Mon papy vit chez les lutins !

- Ben quoi ? Où est le problème ? Moi aussi j’y vis !

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On est allés dehors pour jouer mais en fait on a surtout continé à parler. Je lui racontais que je ne comprenais pas pourquoi mon papy Roméo et ma mamie Juliette n’habitaient pas la même maison. Ma mamie était mariée avec un autre monsieur. Pourquoi ? Elle n’aimait pas mon papy ? Pourtant ils étaient le papa et la maman de ma maman, ils s’étaient forcément fait des bisous dans le temps pour que maman naisse. Ou ce genre de choses, enfin ce qu’il faut pour avoir des petites graines dans le ventre qui deviennent des bébés.

 

- Ben tu sais, Roméo et Juliette ont été mariés et ont habité ensemble, il y a longtemps, dit Auréliano. C’est Boutondor qui me l’a raconté. Elle a dit qu’à la fin ils ne s’entendaient plus très bien, ils étaient fâchés, alors Roméo est parti et il est venu s’installer chez Boutondor. Et Juliette est allée habiter avec Mercutio.

- Ah oui ? Mais pourquoi ils se sont fâchés, mon papy et ma mamie ?

- J’en sais rien. C’était il y a longtemps. On n’était pas nés toi et moi.

- Mais maintenant ils sont encore fâchés ?

J’étais prête à pleurer s’il disait « oui ».

- Euh… J’sais pas trop. Non, j’crois pas. Des fois Roméo téléphone à Juliette, il lui parle comme si c’était une bonne copine. Il l’a même invitée à venir nous voir. Elle a dit qu’elle viendrait.

- Ah, tant mieux ! Alors ils s’entendent bien maintenant. Tu crois qu’elle ira habiter avec lui comme avant ?

- Euh… ben j’crois pas, elle est mariée à un autre, maintenant. Et Roméo a l’air d’être bien chez Boutondor.

 

 

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- Merci de m’avoir dit tout ça, Auréliano. Toi au moins t’es un copain !
J’ai fait un bisou à Auréliano avant de le laisser partir chez lui. Sa maman adoptive lui avait fait promettre de ne pas rentrer tard.

- De rien, c’était un plaisir.

 

Qu’il parlait bien ! C’était sûrement grâce à Boutondor. Maman disait toujours que les lutins étaient des gens raffinés.

- Tu reviendras, dis ?

- Bien sûr ! a-t-il dit. Et si tu veux j’amènerai un pote à moi.

- Un pote à toi ? Ouais pourquoi pas ? Il s’appelle comment ?

- Antonino Montecchi.

 

Oh non encore un Montecchi ! C’était forcément quelqu’un de ma famille, du côté de maman. Bon, j’ai dit oui. Maman disait souvent que j’avais tout plein de petits cousins dans le coin, fils et filles de ses cousins. A mon âge, il était temps que je les connaisse ! On pourrait devenir tous copains ! Après tout c’était pas leur faute s’ils s’appelaient tous Montecchi. Même ma mamie Juliette et mon papy Roméo s’appelaient comme ça alors un Montecchi de plus ou de moins...

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26/07/05

 

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Comme promis, Auréliano revint le lendemain avec son copain. C’était donc lui le fameux Antonino.

- Salut.

- Salut.

Un peu froides, les présentations. Il avait l’air tout timide, ce garçon. Ou alors, je l’impressionnais avec mes beaux yeux (puisque papy avait dit que j’étais jolie…).

- Alors comme ça tu t’appelles Montecchi ?

- Ouais. Pas toi ?

- Ah non, c’est seulement ma mère qui s’appelle comme ça.

- Ma mère a moi vient de Montsimpa, a-t-il dit.

- C’est où, ça ?

- J’sais pas, elle n’en parle jamais. Elle dit que c’est du passé.

- Et ton père, c’est qui ?

- Valério, l’adjoint au maire. D’ailleurs il va bientôt l’être, maire.

- Ton père va être mère ?!

- Non, maire !

- Ah !

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Voyons voyons… C’était le fils de Valério, qui était le cousin de maman. C’est-à-dire le fils du frère de papy. C’est-à-dire ce Mercutio qui avait épousé mamie. Quel embrouillamini !

 

Donc c’était mon cousin à moi aussi, ou pas ? Pff… j’en sais rien. Sûrement que non. Maman aurait dit que c’était mon petit-cousin, enfin je crois… Est-ce que si on s’entendait bien je pourrais me marier avec lui plus tard ? Je sais je vais vite en besogne, moi, mais quoi ? Maman avait connu papa à l’adolescence et elle avait su qu’il serait son futur mari. Alors pourquoi pas pendant l’enfance ? Une bonne chose de réglée et voilà, on n’en parlerait plus. Mais bon, d’abord on devait se connaître. C’est pas le tout de vouloir se marier, il faut être sûr de se supporter. S’il laissait ses jouets traîner partout, moi, j’en voulais pas, de ce mari-là !

Alors on a parlé, je lui ai dit que j’allais bientôt avoir un petit frère. Il a compati : il en avait un, lui aussi, chez lui.

- Tu vas voir, d’un côté c’est génial, de l’autre, c’est affreux, il te casse les oreilles avec son xylophone et il te pique tes jouets dès que t’as le dos tourné !

- T'as raison, c'est affreux ! 

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Il m’avait tellement fichu la trouille que je suis allé parler à papa. Pas question que le petit frère vienne casser ma belle maison de poupée que je meublais avec amour depuis ma plus tendre enfance ! C'est-à-dire depuis deux semaines !

- Papa, euh… j’ai un truc à te demander.

- Oui ma chérie, je t’écoute.

- Voilà, euh… c’est possible de ne pas avoir de petit frère ? Maman pourrait s’enlever la petite graine et euh.. enfin, on ferait comme si rien ne s’était passé, on serait que tous les trois, comme avant…

- Comment ça ? Tu ne veux plus de petit frère ? Tu étais pourtant si contente, quand on t’a dit que tu en aurais un. Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ?

- Eh ben c’est Antonino, il a dit que le sien lui cassait ses jouets et j’ai peur que ma belle maison de poupée soit abîmée…


J’avais dit ça toute triste, presque en pleurnichant, en me triturant le bout du tee-shirt et en me dandinant, comme si j’avais fait une bêtise. Papa me sourit et s’accroupit devant moi :

- Sois tranquille, le petit frère n’ira pas casser ta maison de poupée. On le surveillera.

- C’est sûr ? Je peux compter sur toi ?

- Bien sûr, ma puce.

Bon, dans ces conditions, c'était différent.

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Je me suis levée l’esprit plus tranquille le lendemain matin. Une nouvelle journée d’école m’attendait. J’avais fait mes devoirs avant de me coucher, j’avais rangé ma chambre et tout. Ma belle maison de poupée était sagement posée dans un coin. Maintenant, il me tardait que le petit frère arrive. C’était pour bientôt, avait dit maman. Au début j’avais cru qu’elle avait seulement grossi parce qu’elle mangeait trop mais maintenant je me rendais bien compte que c’était seulement son ventre qui avait grossi. Elle devait se reposer mais elle m’avait dit que je pourrais de nouveau inviter mes copains.

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Ils sont revenus tous les deux après l’école. On a regardé la télé ensemble. Deux copains d’un coup, deux garçons, j’étais bien entourée, moi ! Je les aimais bien tous les deux. Me voilà bien embêtée. Comment j’allais faire pour en choisir un pour me marier ? Après tout, je pouvais aussi épouser Auréliano ! Mais est-ce que j’avais envie de m’appeler plus tard Isotta Songedété ? Eh oui, je pensais à tout, moi ! Ces choses-là ont leur importance ! Ce nom-là, j’allais le garder longtemps, tout le monde m’appellerait comme ça, ce serait marqué sur les papiers de la mairie et tout… Et là bien sûr ça m’a fait réfléchir. Un nom pareil, il y avait vraiment de quoi hésiter !

Bon, eh ben on verrait ça plus tard. Après tout j’avais bien le temps de me décider. Rien ne pressait. Peut-être que finalement je ne choisirais mon mari qu’à l’adolescence, comme maman. Si elle l’avait fait si tard, c’était qu’il devait y avoir une raison, ça devait être trop compliqué.

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Cela ne m’a pas empêchée de les regarder attentivement tous les deux et de les étudier à fond, pour comparer.  Plus j’aurais d’informations, plus je choisirais bien. Ils ont mangé avec nous ce soir-là, alors j’ai regardé comment ils tenaient leurs fourchettes et leurs couteaux, s’ils mangeaient proprement et tout… ça a son importance quand on est invité dans les soirées chic ! Et attention, le premier qui rotait serait éliminé ! Je voyais loin, allez-vous me dire, je m’imaginais déjà mariée, grande, habillée comme une star de cinéma, invitée dans des tas d’endroits où on mangeait des trucs raffinés et où personne ne faisait de bruit avec ses couverts. Eh ben pour mes deux copains c’était raté, ils en faisaient autant l’un que l’autre. Ça commençait bien. Epreuve numéro un, le repas, note zéro. Mais aucun n’a roté. Bon. On avait évité le pire. C’est que j’aurais eu bonne mine, moi, devant mes parents, si ces deux garçons n’avaient pas su se tenir ! Je sais que maman est très copine avec Valério, le père d’Antonino, mais quand même. J’étais contente qu’ils aient laissé pas trop mauvaise impression à mes parents. Ça serait utile pour plus tard.

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Mon petit frère est né pas longtemps après. Quel braillard ! Il dérangeait maman toutes les deux minutes pour manger, réclamer une couche propre ou parce qu’il se sentait seul dans son berceau, mon beau berceau que je lui avais donné, maintenant que j’étais trop grande. Et c’était en pleurant du matin au soir qu’il me remerciait. Papy a été d’accord pour dire que c’était un bébé ingrat. Maman avait invité papy à voir l’ingrat. Elle lui montrait fièrement ce buveur de biberons qui lui prenait tout son temps.

- Alors c’est un garçon ? dit papy. Un héritier pour les Colino ?

- Oui, comme tu vois, Ugo va l’avoir, sa dynastie !

C’était vrai que ça changerait des Montecchi ! Lui au moins garderait son nom en se mariant, il ne risquerait pas non plus de s’appeler Songedété. Non, tout le ridicule serait pour moi. 

- Et comment s’appelle-t-il, ce petit Colino ? demanda papy.

- Nous l’avons prénommé Tobia.

Tobia. C’était vraiment un prénom de garçon, faut pas croire. Moi, j’aurais pas pu m’appeler comme ça même si ça finissait par un « a », comme « Isotta ». Et si on l’appelait plutôt Toto ?

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Comme maman était occupée avec Toto, j’ai souvent invité mes copains à venir jouer. Antonino est venu plusieurs fois et on s’est amusés comme des fous dans le jardin. On se prenait pour des gendarmes et des voleurs. C’était super marrant. Il me courait après après un faux pistolet  et quand il me rattrapait, je devais faire semblant de tomber et de faire la morte. Alors je faisais tout bien comme dans les films à la télé. D’abord je regardais derrière moi pour voir si je n’allais pas me faire mal (je suis pas idiote quand même et maman m’aurait grondé si j’avais sali mon pantalon) puis je me laissais tomber dans l’herbe. Après je poussais une sorte de râle comme les gens blessés, mais j’avais envie de rire… C’est des efforts pour avoir des copains et séduire son futur mari ! Je me disais que j’allais demander à tata Clarissa des conseils pour bien jouer la comédie. Elle s’y connaît puisqu’elle a joué dans des films, elle !

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Et voilà, il était complètement emballé. Regardez-moi ça. J’avais bien travaillé ! Un meilleur copain de plus, c’était toujours bon à prendre. Je ne risquais pas de souffrir de solitude. Mais entre eux et mon petit frère, je n’avais que des garçons autour de moi. Pourquoi pas des filles ? On pourrait parler chiffons comme les grandes ! Ce serait sympa ! C’est vrai, quoi ! J’avais aussi envie de quelqu’un pour jouer à la poupée avec moi ! Jouer seulement aux gendarmes et aux voleurs c’était pas une vie !

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30/07/05

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Alors j’ai invité ma cousine, Tosca. Oui là, c’est sûr, c’est ma cousine, la fille de tonton Benvolio. Tosca ressemble pas mal à sa mère, la fameuse Clarissa, la star de cinéma. Elle est vachement sympa ! On a papoté, on s’est raconté des blagues, on a bien rigolé. C’est super d’avoir une cousine aussi chouette ! J’ai tout de suite su qu’on serait amies.

 

Je lui ai raconté ma rencontre avec Auréliano, puis avec Antonino. Elle ne connaissait pas Auréliano.

- Si tu veux, je te le présenterai, que je lui ai dit. C’est le fils adoptif de cette Boutondor qui vit avec papy.

- Ah, celui-là ?

- T’es déjà allée chez papy, toi ?

- Lequel ?

- Quoi, « lequel » ? Eh ben papy ! Y’en a pas cinquante quand même ! Papy Roméo, quoi.

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- Ben tu sais, moi j’ai deux papys, dit-elle.

- Deux papys ! C’est pas possible, ça !

Je croyais qu’elle me faisait une blague. Pourtant, elle n’en avait pas l’air.

- Si c’est vrai ! Je te jure ! J’ai deux papys, en tout cas c’est papa qui le dit.

- ça alors ! Mais c’est qui ton deuxième papy ?

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Elle me raconta que c’était Mercutio, le type qui vivait avec mamie. Il allait souvent la voir chez elle et elle l’aimait bien. Elle le trouvait très gentil et très amusant aussi avec sa chemise en couleurs. Quant à l’autre papy, Roméo, il venait aussi la voir. Comme elle grandissait avec eux deux près d’elle, elle trouvait tout à fait normal d’avoir deux papys. Ses parents les aimaient bien tous les deux. Clarissa s’entendait très bien avec Mercutio qui la faisait rire, qui était toujours de bonne humeur. Roméo, lui, c’était l’ancien héros de Véronaville, il était toujours accueilli avec des embrassades. Ils étaient toujours invités ensemble aux anniversaires, comme celui du petit frère de Tosca.

 

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Je ne vous avais pas dit que Tosca avait un frère ? Eh bien si, plus âgé que le mien, regardez-le sur la photo, on dirait un petit bagnard avec son pyjama rayé ! Il y avait une épidémie de petits frères à Véronaville ! Celui-ci s’appelait Angelino. Et tata Clarissa (je l’appelais «tata Clacla»), n’était-elle pas jolie ?

 

Bref, Tosca et Angelino avaient deux papys ! Et moi alors, pourquoi je n’en avais qu’un ? Maman m’avait dit un jour que Mercutio n’était pas mon papy, à moi. Pourquoi ? En plus, il était marié avec ma mamie alors quoi ? Pourquoi c’était pas mon papy à moi ?

 

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Justement, maman était avec tonton Benvolio dans la chambre de Toto. Elle faisait le zouave pour l’amuser, pour qu’il ne pleure pas pendant la visite du tonton et de Tosca. Ça aurait fait mauvais effet (comme si tonton n’avait pas l’habitude avec son propre bébé ! Lui aussi avait changé les couches, donné le biberon quand Angelino était tout petit!).

 

J’ai voulu leur demander pourquoi Tosca et deux papys et pas moi mais maman n’a pas voulu que j’en parle.

- Ce n’est pas le moment, Isotta. Vas jouer dehors.

Pourquoi c’était pas le moment ? Si elle croyait se débarrasser de moi si facilement ! Je voulais savoir !

 

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Alors le soir je suis revenue à la charge. Pendant qu’on mangeait, j’ai redemandé pourquoi je n’avais qu’un papy, moi. Tosca, elle, en avait deux. C’était pas juste !

- C’est faux, ma chérie, dit doucement maman. Tosca n’a qu’un seul papy comme tout le monde.

- Un seul ? Pourtant elle dit le contraire !

Alors papa a dit à maman :

- Tu devrais tout lui dire, Fiorella.

- Comment veux-tu que je lui dises ça ? dit maman.

 

Et ils n’ont plus voulu en parler. Mais pourquoi ? Moi j’en avais marre. Je sentais bien qu’on me cachait des choses. Tosca disait qu’elle avait deux papys, maman disait que Tosca n’en avait qu’un… qui avait raison ? Qui croire ? C’était énervant à la fin !

 

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C’était l’anniversaire de Toto. Maman avait fait un gâteau et elle a allumé les bougies, on a tous applaudi. Là, j’ai été un peu inquiète. Voir papa lancer en l’air le bébé, comme si c’était un ballon de foot, ça faisait drôle ! J’espère qu’il n’avait pas fait ça avec moi quand j’étais petite ! Si ? Oh là là ! En tout cas, Toto, lui, a eu l’air d’aimer ça. Ça l’a fait beaucoup rire.

N’empêche, je faisais la tête. Je n’avais pas envie de manger le gâteau. Si on me cachait des choses, on les cacherait aussi à Toto quand il serait grand. Pourquoi ils nous faisaient des mystères ? J’avais envie de pleurer, je boudais…

- Tu ne manges pas ton gâteau, ma chérie ? a dit maman.

- Non.

J’étais vraiment pas contente.

 

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Pour me faire penser à autre chose, maman a décidé de me donner des cours de pistolet de la police. C’est un pistolet spécial qui sert à trouver des empreintes. Sur le moment, ça m’a fait plaisir. Après tout, maman ne s’était pas beaucoup occupée de moi depuis la naissance de Tobia. Pendant qu’on a cherché les empreintes, j’ai complètement oublié les histoires de Tosca, les papys, les mamies… On s’est bien amusées. C’est rigolo de chercher des empreintes !

On a même cherché dans la chambre de papa et maman. Papa s’entraînait parfois lui aussi avec ce pistolet et il disait en rigolant que si maman ramenait un amant à la maison pendant qu’il n’était pas là, il s’en apercevrait tout de suite grâce aux empreintes. Moi je savais pas ce que c’était, un amant, alors je ne riais pas...

 

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On trouve quand même de drôles de choses avec ce pistolet ! Il y en avait, des empreintes, dans cette chambre ! Et pas seulement celles de mes parents ! On a trouvé des empreintes de tout un tas de gens qu’on n’avait jamais vus à Véronaville. Ou alors ils n’avaient fait que passer et c’était il y a longtemps, car je ne les connaissais pas. Qui pouvait bien être cette fille brune ? Pas la bonne, elle était blonde ! Pas le jardinier, c’était un monsieur ! Une ancienne locataire ? Ou alors c’était une erreur du pistolet ? Même maman n’y comprenait rien :

- Décidément, la technique… On ne peut jamais s’y fier à cent pour cent !

En tout cas, papa jura à maman que ce n’était pas sa maîtresse. Apparemment il avait bien fait parce qu’elle était presque en train de se poser des questions.

- Bon, c’est assez pour aujourd’hui, on va se coucher ! dit-elle.

Posté par ca_mi_phi à 17:38 - - Commentaires [2] - Permalien [#]