01/08/05

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Maman s’imaginait sans doute que j’avais tout à fait oublié l’histoire des deux papys. Le lendemain, je suis partie à l’école comme d’habitude, j’en suis revenue avec mon cahier de devoirs et des bonnes notes ! Mais ce n’était pas parce que j’étais un petit génie, comme disait l’institutrice, que je ne m’intéressais qu’à mes notes et pas à ce qui passait dans le monde des grands ! Je ne voulais pas être la gentille petite fille qui faisait ses devoirs sagement, ne posait jamais de problèmes, ne demandait jamais rien et ne voulait jamais rien savoir. S’ils croyaient que j’étais si bête, ils euh… comment disait papy, déjà ? Ils se fourraient le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Là !

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Alors sans rien dire à personne, je suis partie de la maison et je suis allée voir mamie, chez elle. Je connaissais le chemin : mamie m’avait dit où c’était et elle m’avait dit que je pouvais venir la voir quand je voulais. Eh ben c’était ce jour-là.

J’ai trouvé très facilement. C’était pas compliqué, c’était la plus belle maison du quartier, toute blanche, avec un joli jardin, des plantes grasses, un étang et une clôture même pas haute, même que n’importe quel voleur pourrait entrer. Mamie disait que Mercutio s’en fichait. Il disait qu’il y avait un système d’alarme relié à la police et que de toutes façons, personne n’oserait venir voler quelque chose chez le frère de l’ancien héros de Véronaville, qui avait été ultra sim avant maman. Il avait l’air très cool ce type !


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- Isotta ? C’est toi, ma chérie ? dit mamie en me voyant.

- Ben oui, c’est moi !

Elle était ravie de me voir mais un peu inquiète :

- Tu es venue seule ?

- Euh, non, papa m’a déposée devant la maison en voiture, mais il n’avait pas le temps de rester.

J’avais menti, bien sûr.

- Ah, bon ! fit mamie soulagée. Donc ta mère sait où tu es ?

- Euh, oui oui, bien sûr…

Pourvu qu’elle ne lui téléphone pas pour lui demander de confirmer ! Si elle faisait ça, ça voulait dire qu’elle ne me faisait pas confiance, je serais vachement vexée. J’étais une grande fille après tout.

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E
h ben non, elle ne l’a pas fait.

- Quel plaisir de te voir, ma chérie ! ça faisait longtemps ! Tu dois en avoir, des choses, à me raconter !

Et comment ! Je lui ai raconté ma rencontre avec Auréliano, puis avec Antonino, puis que j’étais devenue copine avec eux et que je ne savais pas lequel choisir pour me marier plus tard. Là, mamie s’est mise à rire.

- Pourquoi tu ris, c’est pas drôle ! C’est pas marrant de pas savoir qui on va épouser plus tard !

- Non, tu as raison. Excuse-moi ma chérie, je ne voulais pas me moquer de toi ni prendre à la légère ton problème. Je ris parce que cela me rappelle bien des choses… Décidément c’est une constante, chez les femmes de la famille, d’hésiter entre deux garçons…

Je n’avais pas rêvé, elle m’avait traité de femme ! Wouah !

- Et de génération en génération, cela nous prend de plus en plus tôt, ajouta-t-elle. Moi j’avais attendu d’avoir vingt cinq ans. Ta mère, elle, en avait vingt. Toi, c’est vraiment précoce.  Tu bats tous les records, ma chérie !


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J’ai pas trop compris ce qu’elle voulait dire, mais c’était pas grave : j’étais pas seulement venue pour lui dire ça.

- J’ai un autre gros souci, tu sais, mamie…

- Ah bon ? Dis-moi tout ma chérie…

J’avais parlé si tristement qu’elle était inquiète, cette fois.

- Eh ben, hier Tosca est venue à la maison et elle m’a dit qu’elle avait deux papys. Le même que moi et un autre. Elle dit que Roméo et Mercutio sont ses papys tous les deux. J’y comprends rien. Pourtant on est cousines, on devrait avoir les mêmes papys mais maman dit que Mercutio, c’est pas mon papy. Et elle ne veut pas m’expliquer pourquoi ni m’expliquer rien du tout d’ailleurs. J’en ai marre, j’ai l’impression qu’on me cache quelque chose.

 

Mamie a froncé les sourcils et pendant un instant, j’ai cru qu’elle allait me gronder. Ainsi elle aussi me trouvait trop curieuse et allait me dire de me taire… J’ai bien cru que j’allais me mettre à pleurer. Pourquoi tous les grands me répondaient pareil ?

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Mais au lieu de me gronder, mamie m’a prise dans ses bras.

- Ma pauvre chérie ! Je comprends ta colère. Tu as besoin de connaître les réponses à tes questions, de comprendre ce qu’on te dit et c’est bien normal. Il n’y a aucun mal à ça, mon trésor. Viens ici que je t’explique tout. Tu verras, c’est très simple. Ensuite tout sera clair pour toi.

 

Super ! Ah elle était vraiment géniale, mamie ! Elle, au moins, elle ne cherchait pas à faire comme maman, à me faire croire que Tosca n’avait qu’un papy !

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03/08/05

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- Eh bien voilà. Tosca a en effet deux papys, dit mamie. Son premier papy est Roméo, comme le tien. Car c’est Roméo qui a élevé son père, Benvolio. Mais le véritable père de Benvolio, c’est Mercutio. Benvolio considère donc, en quelque sorte, qu’il a deux pères. Il les aime autant l’un que l’autre et eux aussi l’aiment beaucoup, tous les deux. C’est pour ça que Tosca dit qu’elle a deux papys : ils sont tous les deux très attachés à elle.

- Aaah booon ! C’est donc ça ! C’est tout simple, alors ! Pourquoi maman fait des histoires pour si peu ?

- Je suppose qu’elle avait peur de te choquer, ma chérie. En principe, on n’a qu’un seul père. Elle-même n’en a qu’un et c’est Roméo.

- Pourtant, le frère de maman en a deux, lui…


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Là j’ai senti que j’étais vraiment très curieuse. Mais mamie ne s’est pas fâchée.

- Tu sais, a-t-elle dit très simplement, quand j’étais jeune, je me suis mariée avec Roméo. C’est là qu’est née ta maman. Puis je suis tombée amoureuse de Mercutio, mais j’étais toujours mariée avec Roméo. Quand Benvolio est né, je savais que son père était Mercutio. Mais c’est Roméo qui l’a élevé puisque c’était avec lui que je vivais. C’est pour ça que nous avons fini par penser que Benvolio avait deux pères.  Tu comprends ?

- Oui, bien sûr. C’est vachement chouette d’avoir deux pères ! Il a de la chance, tonton Benvolio ! Et Tosca a de la chance d’avoir deux papys !


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Bon ben voilà, tout était clair maintenant ! Au fond c’était super simple, je ne voyais pas pourquoi maman ne me l’avait pas dit. J’étais vraiment très contente. Enfin je comprenais tout. Ou presque :

- Alors c’est pour ça que tu as fini par te marier avec Mercutio ? Parce qu’il était le papa de Benvolio ?

- Oui, on peut dire ça comme ça…

- Mais tu aimes bien mon papy quand même, hein ? Tu es restée amie avec lui, hein ?

- Bien sûr ! Tu sais, il reste le père de mes deux filles, ta mère et ta tante Iléana. C’est un homme merveilleux. Jeune, il était très beau, tu sais ! Toutes les filles lui couraient après !

 

J’ai eu un peu de mal à imaginer mon papy avec des filles lui courant après… ça fait drôle d’imaginer les gens plus jeunes, sans cheveux blancs ! D’ailleurs j’y arrivais pas. Pour moi il avait toujours été un papy avec des cheveux comme ça !



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Après, on a oublié tout ça et on est allées dehors, dans la cour. Là, au bord de la piscine (qu’elle était grande !), mamie m’a donné des leçons de golf. C’était super, ce truc-là ! J’aurais bien aimé qu’on ait ça à la maison ! Mais c’était difficile, aussi. Il fallait beaucoup de concentration pour mettre la petite balle dans le trou. Mamie y arrivait très facilement, elle. Je finirais bien par le faire aussi ! C’était bien, on s’amusait, je ne pensais plus à rien, ni à maman et papa qui devaient se demander où j’étais passée, ni aux autres habitants de la maison de mamie…


 

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Pourtant j’ai fini par les rencontrer. D’abord c’est Mercutio qui est venu nous voir. Tosca n’avait pas menti, il avait l’air sympa avec sa chemise en couleurs. Il m’a dit bonjour dans un sourire.

- Ah mais c’est la belle Isotta ! Bienvenue jeune fille, j’espère que tu te plais ici.

- Oui monsieur, merci beaucoup. Elle est belle, votre maison !

- Oh tu sais, tu peux m’appeler Mercutio.

Qu’est-ce qu’il était cool !

 

Il envoya un clin d’œil coquin à mamie qui se mit à rire. Eh ben dis donc ! C’était pas triste chez eux ! Mais après il lui a fait un sourire génial et là j’ai bien vu qu’il l’aimait vraiment. Même petite comme moi, on voit ces choses-là. Quand il est parti, mamie m’a dit :

- Tu comprends maintenant pourquoi je suis tombée amoureuse de lui. Je ne m’ennuie jamais avec lui.

- Alors ça veut dire que tu t’ennuyais avec papy Roméo ?

- Non, mais…. Vois-tu, Roméo était souvent absent à cause de son travail et peu à peu, notre relation s’est effilochée.

Effilochée ? C’était quoi, ça ? Elle m’en apprenait, des mots !

 

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Mercutio est revenu pas longtemps après avec quelqu’un d’autre : Andrea, son petit-fils. Il avait presque le même âge que moi.

Encore un copain. Bon, alors celui-là c’était le cousin d’Antonino, c’est-à-dire le fils de Claudio qui était le frère du père d’Antonino, Valério et… pff… Je commençais à me mélanger vachement les pinceaux ! En tout cas, ce qui était sûr, c’était que celui-là aussi s’appelait Montecchi ! Ben si !

- Saluto ! a-t-il dit.

Et il a fait des grands gestes, à l’italienne, il avait déjà la panoplie du beau parleur. D’ailleurs ça a fait rire Mercutio :

- Eh ben il promet, le petit ! qu’il a dit à mamie Juliette.

 

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Ils nous ont laissés seuls pour qu’on fasse un peu mieux connaissance. On a papoté, parlé de l’école, il allait à la même que la mienne mais pas dans la même classe.

- Alors elle est sympa, ta maîtresse ? a demandé Andrea.

- Ouais, ça va, et la tienne ?

- Bof, ça dépend des jours, hier elle m’a grondé parce que je parlais trop…

- Ouais, ça m’étonne pas… t’es un bavard, toi !

- Comment tu sais ça ?

- ça se voit tout de suite !

Il ne s’est pas vexé, il n’a pas boudé. Ça voulait dire qu’il avait bon caractère. Tant mieux, sinon j’aurais pas voulu le revoir.

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Mais pendant ce temps, le jour baissait. J’ai fini par entendre mamie discuter devant la maison avec maman. Elle m’avait retrouvée ! Elle était venue me chercher. Qu’est-ce que j’allais prendre ! J’étais venue en cachette, sans rien lui dire… Pourtant maman avait apparemment oublié ma petite fugue. Mamie et elle parlaient d’autre chose :

- Pourquoi cacher la vérité à ta fille, Fiorella ? disait mamie. Les enfants ont le droit de comprendre les évènements et situations présents et passés dans leur famille. Il n’y a aucun mal à ça.

- Alors tu lui as tout dit ?

- Bien sûr ! Elle l’a très bien pris !

- A son âge, elle ne peut pas comprendre qu'il n'est pas normal d’épouser un homme, mais d’avoir un enfant avec son frère, et de le lui cacher des années durant, en lui faisant croire que l’enfant est de lui.


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- Je lui ai simplement présenté les faits tels qu’ils se sont déroulés, dit mamie. Plus tard, l’âge aidant, elle sera en droit de faire son propre jugement. Pour le moment, peu lui importe que ce soit normal ou pas, elle veut seulement savoir .Quant à cette question de normalité, il n’y a que toi pour la pointer du doigt. Ton père lui-même a parfaitement accepté la situation.

- Que pouvait-il faire d’autre ? Tu l’as mis devant le fait accompli !


Je me suis mise à pleurer, je voyais bien qu’elles se disputaient. Elles m’ont entendue et maman est venue me chercher. On est rentrées à la maison. Je sentais bien que mamie était triste en nous voyant partir. Je lui ai fait un signe de la main. 

 

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07/08/05

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Maman ne m’a pas grondée, mais je l’ai sentie en colère et malheureuse. Je n’ai rien osé dire de la soirée, je suis allée me coucher. Le lendemain matin, pendant que je jouais dans ma chambre, je l’ai entendue parler avec papa au petit déjeuner. Elle avait toujours l’air de se tracasser. Aussi gentil que d’habitude, papa essayait de la consoler.

- Avoue que ce n’est pas le fait que ta mère ait trompé ton père qui te gêne le plus, lui disait-il. C’est le fait qu’elle t’ait caché pendant des années que Benvolio n’est que ton demi-frère. C’est comme si tu l’avais un peu perdu, tu te sens volée. C’est cela qui te fait souffrir.

- Peut-être, a dit maman tristement.

- Mais là tu te trompes, ma chérie. Il n’est pas moins proche de toi parce qu’il n’est que ton demi-frère ! Vous êtes toujours de la même famille et il te considère toujours comme sa sœur à part entière ! C’est dans ta tête qu’il y a eu une cassure, pas dans ta vie ! Dans la vie, tout est comme avant !

 

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Mais j’ai senti que maman restait triste. Elle a essayé d’oublier tout ça en allant réparer la douche. Elle était très calée en mécanique, elle savait tout faire. C’était pratique, ça évitait d’avoir à appeler le réparateur, on faisait des économies. Mais je l’ai entendue pleurer. Ça fait drôle d’entendre sa maman pleurer. Je me suis demandée si c’était ma faute, si c’était parce que j’étais allée chez mamie la veille sans le lui dire. Sûrement que oui. C’était à cause de moi qu’elles s’étaient disputées, parce que j’avais voulu tout savoir.

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Du coup j’étais triste moi aussi. J’ai peint dans ma chambre, toute seule. Je m’en voulais, j’avais rendu maman triste… J’avais envie de lui parler, mais j’avais peur de me faire gronder, et puis parler à une maman qui pleure, c’est pas facile, on ne sait pas quoi lui dire. On aimerait la consoler, mais comment ? Je ne comprenais déjà pas bien pourquoi elle était triste, alors… c’était quoi, un demi-frère ? Pourquoi papa lui avait dit que tonton Benvolio était son demi-frère ? Comment peut-on n’être que frère à moitié ? On l’est ou on l’est pas, mais l’être à moitié, c’est pas possible ! J’essayais de me représenter la moitié de tonton donnant la main à maman mais ça ne voulait rien dire, ça n’avait pas de sens ! Si la moitié de tonton était là, l’autre moitié aussi, l’une ne se déplaçait pas sans l’autre, quand même !



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Finalement, maman est partie travailler. C’était papa qui nous gardait, Toto et moi. Puis le téléphone a sonné. Ma cousine Tosca appelait pour me demander de venir jouer avec elle. C’était dimanche, on n’avait pas école, alors j’ai dit oui. Ça ne me disait rien de rester à la maison, j’étais trop triste.

Avec Tosca, j’allais me changer les idées !

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Elle aussi a une très jolie maison ! C’est l’ancienne maison de mamie Juliette et papy Roméo. Tonton Benvolio l’a gardée. Il avait fait construire une piscine pour tata Clacla, mais finalement, ils l’ont changée de place et mise à l’arrière. Tata Clacla avait eu peur que Tosca, petite, tombe dedans. Avec tous les sous qu’elle a gagnés en étant actrice au cinéma, elle avait les moyens de se passer toutes ses fantaisies, alors voilà ! Tonton Benvolio ne manque pas de sous lui non plus, il est le grand patron de l’entreprise Muxis, héritée de mamie Juliette qui l’avait eue de son grand-père. Il part travailler tous les matins en hélicoptère. C’est la classe, comme diraient mes copines d’école !

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J’ai joué à chat dans la cour, avec Tosca. Mais pendant ce temps, tonton Benvolio discutait avec tonton Valério. Bon, Valério, c’est pas vraiment mon tonton, c’est le cousin de maman, le père de mon copain Antonino, souvenez-vous, celui qui avait mangé à la maison l’autre soir.

 

Je trouvais que mes deux tontons se ressemblaient. J’ai fini par le dire à Tosca. Elle m’a dit : c’est pas étonnant, ils ont le même père ! Ben oui, Mercutio est le père de Valério et il est aussi le père de papa, alors…



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Alors j’ai dit à Tosca :

- Donc si je comprends bien, mon copain Antonino, le fils de Valério, c’est ton cousin ?

Du coup on avait cessé de jouer à chat, on s’était assises par terre.

- Ben oui, Antonino c’est mon cousin, a dit Tosca.

Là je me suis gratté la tête : faudrait qu’on m’explique pourquoi le cousin de ma cousine n’était pas mon cousin aussi.

- Mince ! Alors tu ne pourras pas te marier plus tard avec lui !

(Remarque, ça m’arrangeait bien, je me le garderais… pas de concurrence de ce côté…)

- Ben non, pourquoi veux-tu que je me marie avec lui ? Je vais pas épouser mon cousin, quand même !

- Mais alors tu vas épouser qui ?

C’était la grande question du jour ! C’était vachement plus intéressant que de jouer à chat !



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On a passé en revue toutes les possibilités. C’est là qu’elle m’a raconté que juste avant moi, elle avait vu Andrea, mon nouveau copain de la veille. Il était venu la voir.

- Lui non plus je ne pourrais pas l’épouser, c’est lui aussi mon cousin ! a dit Tosca.

- C’est dingue, ça ! T’es cousine avec tout le monde, toi !

- Ben ouais. C’est l’inconvénient d’avoir un père qui est le demi-frère de tout le monde !

Encore cette histoire de demi-frère ! J’ai raconté à Tosca ce que m’avait dit mamie Juliette, la veille, et que maman s’était fâchée à cause de ça, et que depuis, elle était triste.

- Ah bon ? a fait Tosca. Pourquoi elle est triste ? ça sert à rien d’être triste ! Moi je peux pas faire autrement que d’avoir tout plein de cousins partout, alors être triste ça changera rien !

- Ouais, et puis toi au moins tu ne dis pas que ce sont tes demi-cousins !

Elle s’est mise à rire :

- Ben non, ça veut rien dire, demi-cousins !

 

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Alors elle m’a parlé de ses cousins et… de ses cousines. Celles-là, je ne les connaissais pas encore. Elles habitaient de l’autre côté du fleuve, chez les lutins. Eh oui, c’étaient des lutines !

- J’ai deux cousines là-bas, a-t-elle dit. Je suis très copine avec la plus grande, Chiara. Tu sais, c’est la fille de Patrizio.

Patrizio ! Ah oui, celui qui faisait des chocolats avec sa machine, dans son jardin. Celui qui avait failli se faire manger par la plante-vache, chez nous, même que maman lui avait fait des excuses. Lui, je le connaissais. Mais pas ses filles.

- Elle est sympa, cette Chiara ?

- Ben c’est une lutine, tous les lutins sont adorables, tu sais…  Chiara est super géniale. Comme tous les lutins, elle est fière de ses oreilles en pointe et elle aime avoir une coiffure dégagée pour qu’on les voit.

- Tiens, je ne savais pas tout ça, va falloir que j’aille là-bas, pour mieux connaître ces gens-là !


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- Tu verras, ils sont super ! a dit Tosca. Tu rencontreras ma tante Elvia, la mère de Chiara. C’est d’elle que Chiara tient ses oreilles. Ma tante Elvia est exorciste, elle bosse dans le paranormal, je ne te dis pas le costume bizarre qu’elle met pour travailler ! Même tonton Patrizio s’est mis à rire quand il l’a vue comme ça ! Mais Elvia a dit en haussant les épaules que c’est comme ça que les clients imaginent les exorcistes, alors pour leur faire plaisir, elle met ça… et puis c’est pas trop salissant… C’est Chiara qui m’a raconté tout ça. Elle me raconte de ces trucs ! C’est grâce à elle que je sais que papa est le frère de tout le monde ! Sinon, je crois que j’ignorerais tout ! Au début, on ne voulait rien me dire !

ça m’a soulagé d’entendre ça, je me suis reconnue, là :

- Ah ben c’est comme moi, maman ne voulait rien m’expliquer ! C’est pour ça que j’ai demandé à mamie Juliette !

- Ben ouais, les grands font toujours des histoires pour nous dire les choses, a dit Tosca. Comme s’ils avaient honte ! Qu’ils sont bêtes ! Heureusement, entre ce que m’a dit Chiara et les visites de mes deux papys, j’ai fini par comprendre !



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Tosca m’a alors raconté tout ce que lui avait dit Chiara. Tout ! Même des trucs que normalement Chiara n’aurait pas dû voir…

- C’était un soir très tard. Chiara dormait pour aller à l’école le lendemain et puis soudain, un bruit dehors l’a réveillée. Elle est allée voir à la fenêtre. Là, elle a vu son père discuter avec le mien, Benvolio. Benvolio faisait une drôle de tête. Il lui a dit : «Patrizio, il faut que je te parle». Comme Patrizio l’aimait bien, il l’a écouté.

Ils avaient fait leurs études ensemble à l’université, ils se croyaient cousins, ils étaient copains, quoi !



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- Chiara n’a pas pu entendre ce qu’ils se sont dit. Mais le lendemain soir, elle les a revus ensemble et, comme elle est curieuse (comme tous les lutins), elle s’est cachée dans le jardin pour écouter. Il y avait aussi là son oncle, Valério, le frère aîné de Patrizio, avec qui tu as vu discuter avec mon père tout à l’heure. Chiara les a écouté se parler dans la nuit, devant sa maison. Elle a eu du mal à en croire ses oreilles en pointe ! Ils venaient de découvrir qu’ils étaient non pas cousins, mais frères ! Enfin, demi-frères. Mercutio venait d’apprendre à mon père que son père c’est lui et pas Roméo. Alors mon père était tellement sous le choc qu’il était allé parler à Patrizio et à Valério. Chiara m’a raconté qu’ils sont restés dehors très tard, pour parler. Elle n’a pas tout entendu parce qu’après elle était fatiguée, elle a dû aller se coucher.

 

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- Alors tu vois, elle aussi, elle a tout su parce qu’elle a été indiscrète. Sinon personne ne lui aurait rien dit !

- Mince ! Elle est comme nous, alors ! Elle a désobéi pour savoir ce qu’on voulait lui cacher ! Ou du moins elle a fait des trucs en cachette ! Elle est super de t’avoir raconté tout ça ! Faut absolument que je la rencontre ! Justement, papy Roméo m’a invitée chez lui, il habite dans le quartier des lutins, j’en profiterai pour aller voir Chiara.

- Dis-lui que tu viens de ma part, elle sera contente de te voir !

- Ouais, promis !


Je suis repartie à la maison toute contente. Ça m’avait fait du bien de parler avec Tosca. La solidarité entre cousines, c’était pas que pour du beurre, ça existait, la preuve ! Elle avait vécu les mêmes choses que moi, alors on se comprenait, on était vraiment potes ! Peut-être que bientôt je serai copine aussi avec Chiara ?

 

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** Arbre généalogique **

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Pour découvrir la quatrième génération de sims de mon Véronaville,
en cours de création en ce printemps 2006,
la troisième que je fais naître, la sixième à partir des sims présents et vivants au commencement du quartier,
je vous invite à visiter le nouveau blog de Véronaville (lien colonne de gauche).

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14/08/05

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Le lendemain, je suis retournée à l’école. A mon retour, papa et maman se disputaient. Maman disait à papa que pendant qu’elle faisait l’ultra-sim, elle l’avait vu en ville, à la discothèque, autour d’un paradibulle. Avec une dame ! Et elle lui disait :

- Qui c'est cette fille ?

Elle était jalouse, mais je savais bien que mon papa ne pouvait pas préférer l’autre dame à maman. D’ailleurs il le lui a juré :

- Enfin ma chérie, que vas-tu chercher là, c’était une passante ! Je ne connais même pas son nom ! Maintenant que le paradibulle est de nouveau en usage libre, il faut bien que je passe mes contrôles comme prévu ! C’est moi que les Laboratoires Siriana Montecchi ont chargé d’analyser les produits contenus là-dedans pour s’assurer qu’ils sont conformes à la réglementation. Je fais mon boulot, c’est tout !   

 

Bien avant ma naissance, le paradibulle avait été interdit parce qu’il contenait de la drogue. Les gens de Véronaville avaient réussi à prouver que ce produit n’était pas bon. Depuis, le produit avait été changé et maintenant, le paradibulle était sans danger. Vivement que j’essaye ! Mais maman ne voulait pas, elle disait que j’étais encore trop petite. Pourtant on disait que le dimanche, la discothèque était ouverte aux enfants pour y jouer. Mais maman ne m’y emmenait jamais.

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Décidément elle était bien énervée ces temps-ci. Ça devait être à cause de cette histoire de demi-frère. Ça lui restait en travers de l’estomac. J’ai pris mon courage à deux mains et je suis allée lui parler. Je savais pas trop si j’arriverais à la consoler, mais je pouvais au moins essayer…

- Maman, tu sais, euh… je voulais te dire… euh…


Eh ben c’était pas facile de trouver les mots, c’était des choses importantes, quand même, je me sentais un peu idiote et je me disais que j’étais trop petite, elle ne me prendrait pas au sérieux. Vivement que je grandisse ! Les grands, eux, on les écoutait, alors que moi, on pensait toujours que je ne savais pas de quoi je parlais, que j’étais trop jeune pour comprendre. Mais qu’ils étaient bêtes ces grands ! Grrr… Je voulais qu’on m’écoute et qu’on me fasse confiance !

- Tu sais, euh, tonton Benvolio ben pour moi c’est pas mon demi-tonton, c’est mon tonton tout entier, alors pour toi c’est pareil, c’est ton frère à cent pour cent. Qu’est-ce que ça peut faire qu’il ait pas le même père que toi ? En plus, Tosca m’a dit que jusqu’à y’a pas longtemps, il ne le savait même pas !


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- Tu es gentille, ma chérie, a dit maman. Mais je ne sais pas si tu peux vraiment comprendre tout ça…

- Ah non, ça suffit avec ces bêtises-là ! L’autre jour chez mamie tu disait pareil, mais c’est pas parce que je suis petite que je comprends rien ! J’en ai marre qu’on me prenne pour un bébé et qu’on me cache des choses ! Je veux juste que tout le monde soit heureux et que tu arrêtes d’être triste à cause d’un truc qui s’est passé il y a longtemps ! C’est pas ta faute si tonton Benvolio n’a pas le même père que toi !


Maman a été surprise, elle a sûrement pensé, comme tous les grands dans ces cas-là, que je me mêlais de ce qui ne me regardait pas. Ouais, tu parles, ils disent tous ça parce que ça les embête de nous expliquer les  choses. Ils voudraient qu’on reste des poupées bien sages dans un coin. On les encombre dans ces cas-là. J’avais beau être très jeune, je commençais à me rendre compte de tout ça. J’avais mûri d’un coup avec toutes ces histoires.

 

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Du coup, maman a bien vu qu’elle ne pouvait plus me tenir en dehors de ça. Elle a vu aussi que j’avais grandi, que je n’étais plus une poupée bien sage et qui ne disait rien.

- Ma pauvre chérie, tout ça t’a donc tracassé, toi aussi !

 

Ben tiens. Pourquoi les parents croient-ils toujours qu’on se fiche de ce qui leur arrive ? Qu’on ne voit rien, qu’on n’entend rien, qu’on ne comprend rien ? Mais qu’ils sont bêtes, alors ! Heureusement qu’on les aime bien !

- Oui, ça me tracasse que tu sois malheureuse à cause de tonton.

- Ce n’est pas à cause de lui, mon Isotta. C’est mon frère, tu as raison. C’est parce qu’on nous a caché la vérité pendant très longtemps et que cela remet en question la confiance que chacun de nous a en ses parents. J’en veux à ta mamie tout en sachant qu’elle n’a pas voulu faire de mal. Je suis partagée entre mon affection pour elle et cette colère contre elle. C’est dur pour moi de vivre ça, de réaliser qu’elle n’est pas tout à fait comme je l’imaginais. Pourtant, j’aurais dû m’en douter il y a déjà pas mal d’années, quand j’ai appris qu’elle avait un amant et qu’elle voulait divorcer. Mais non, j’ai été naïve…

- Maman je peux te poser une question ?

- Oui, ma chérie ?

- C’est QUOI, un AMANT ?

- Mon Dieu, tout ça est peut-être un peu trop sérieux pour toi, ma chérie… eh bien un amant, c’est… euh, enfin dans le cas présent, l’amant c’était Mercutio.

Pffouuu… Encore lui, il était partout celui-là ! Tout à coup j’en ai eu marre de tout ça. J’ai fait promettre à ma maman qu’elle m’emmènerait bien vite chez papy Roméo. Chez les lutins !

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Mais devinez ce que j’ai vu juste après ça ? Mon petit frère en train de toucher ma maison de poupée ! Aaaaaaah ! Au secours ! A l’assassin ! Heureusement maman est arrivée vite fait pour empêcher Toto de tout casser. Antonino m’avait prévenue : les petits frères, ça casse tout !

Tobia avait bien de la chance : il était encore trop petit pour se poser des questions sur la famille et vouloir comprendre. Je me les posais à sa place, pour lui, pour plus tard. Quand il aurait grandi, j’aurais tout débroussaillé ces histoires de grandes personnes, pour lui ce serait du tout cuit. Ce veinard !


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Moi qui croyais être tranquille, après ça, j’ai eu la visite d’Andrea. On a joué aux fléchettes dans ma chambre. Il était toujours aussi bavard et gesticuleur. Non mais regardez-moi ça, comment il se la pète… C’était un peu énervant, on avait envie de lui dire de se taire, mais en même temps, il était marrant, il était gai, comme Tosca, ça devait être de famille. On n’arrivait pas à lui en vouloir.

Finalement, je me suis bien amusée avec lui. C’était embêtant parce que maintenant j’étais obligée de le mettre sur ma liste pour mon futur mari.

Ça faisait trois ! C’était peut-être un peu beaucoup, non ?

 

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On est allées chez papy Roméo la semaine suivante. Ah ! Enfin ! Me voilà chez les lutins ! Elle était chouette, sa maison ! Mais c’était une maison normale, avec un jardin normal. Je sais pas pourquoi, j’avais imaginé quelque chose d’autre, peut-être plus pointu comme les oreilles des habitants de ce coin. Ben non, c’était tout pareil que chez nous. Que j’étais contente de revoir mon papy ! Lui aussi était très content ! C’était l’occasion de revoir mon ami Auréliano et de connaître la fameuse Boutondor, avec qui il vivait.

Est-ce que j’allais m’entendre avec elle ?

 

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Comme elle était encore au travail, papy m’a appris à jouer aux échecs. Puisqu’Auréliano avait dit qu’il avait réussi à apprendre avec lui, pourquoi pas moi ? J’étais toute fière que ce soit mon tour, que papy prenne le temps de m’apprendre. Lui au moins ne faisait pas d’histoires pour répondre à mes questions ! Il était très patient, il répondait toujours gentiment, même quand je posais des questions qui étaient sûrement bêtes vu que j’y connaissais rien, je savais même pas les noms des pions. Il y avait le fou, le roi, la reine, tout ça… Papy Roméo assurait que dans la famille Montecchi, on avait toujours su très bien jouer aux échecs.

- Tu es une Montecchi aussi même si tu portes un autre nom, m’a-t-il dit. Tu l’es par ta mère. Il n’y a pas de raison que tu ne saches pas toi aussi très bien jouer.


Chouette, peut-être que j’arriverais plus tard à gagner une partie contre Auréliano ?

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Lui pendant ce temps préparait le terrain pour demander un jour ma main à ma mère, quand on serait grands. Même quand papy m’a emmenée dehors pour me montrer les tombes des parents de Boutondor, Auréliano a continué à papoter avec elle. Et vas-y que je te parle de la météo, le seul truc où les gens sont toujours d’accord… quel intérêt ça pouvait bien avoir puisqu’il faisait toujours beau ?

 

Papy en a ri en disant que ce garçon se préparait une belle carrière de diplomate. J’ai pas trop compris ce qu’il avait voulu dire par là. Pour moi, un diplomate c’est un gâteau qu’on mange parfois le dimanche, pour changer du tiramisu. Mais maman a trouvé Auréliano sympa, c’était l’essentiel. Après, elle m’a dit : « Il est très bien, ce petit garçon ! ». Comment ça, «petit garçon» ? Il avait presque dix ans, il n’était plus «petit» ! ça c’était bon pour des mômes tels que Toto, encore dans ses couches !

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Auréliano m’a ensuite dit pourquoi il n’avait pas voulu venir avec nous, voir les tombes :

- J’aime pas les fantômes !

- Mais ça n’existe pas, les fantômes !

- Ben si  !

 

Et il m’a raconté que la veille, le fantôme de la mère adoptive de Boutondor, une certaine Titania, lui avait fait très peur pendant qu’il mangeait. Ça lui avait coupé l’appétit. Même que Boutondor avait dû passer une heure à le consoler. Eh ben dis donc ! Alors ça existait vraiment ? J’ai fait promettre à maman que chez nous, on n’aurait jamais de tombe !

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Puis Boutondor est enfin rentrée. Elle m’a dit bonjour. J’en ai pas cru mes yeux quand je l’ai vue. Qu’est-ce qu’elle faisait jeune ! Presque autant que maman. Papy avait pourtant dit qu’elle avait la cinquantaine. Pas possible ! C’était vieux, 50 ans, non ? Enfin pour moi ça l’était. Elle ne les faisait pas du tout ! ça devait être un sortilège de lutin, elle devait avoir des trucs, des potions, des machins, des bidules qu’elle mangeait ou buvait pour ne pas avoir l’air vieille.

Peut-être qu’elle avait dans un recoin de la maison un laboratoire secret, comme les sorcières ?

On disait que ces gens-là (les lutins) l’étaient un peu, ils avaient des pouvoirs magiques…

D’ailleurs à la façon dont je la regardais elle a vite vu que je me posais des questions. Eh bien au lieu de se vexer, elle m’a demandé si je trouvais que le roux lui allait bien.

- C’est une teinture, bien sûr ! Au naturel j’ai plein de cheveux blancs !

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Eh ben ça m’a déçue qu’elle avoue que c’était une bête teinture qu’elle avait dû acheter au supermarché de la rue Strattorio ! Moi j’avais imaginé un tour de passe-passe, une formule magique avec un élixir qu’elle aurait fait en cachette, comme une vraie magicienne ! ça aurait tout à fait collé avec ses yeux très verts. Pourtant la maison n’était pas si grande, où aurait-elle bien pu le mettre, ce laboratoire secret ? Peut-être qu’elle pouvait vous changer en grenouille si vous n’étiez pas gentil avec elle ? Il faudrait que je me renseigne auprès de Auréliano pour voir si elle lui avait pas fait des trucs… Elle aurait pu s’en servir pour cobaye… Pourtant il avait l’air d’aller bien !

- Alors vous n’êtes pas une fée, malgré vos oreilles en pointe ?

J’avais fini par le dire, c'était sorti tout seul.

- Si si, c’en est une, mais pour moi tout seul, a dit papy Roméo en riant.

 

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Elle s’est mise à rire.

- Eh ben t’es une rigolote, toi ! Pourquoi veux-tu que je sois une fée ? Si j’en étais une, je changerais ton grand-père, là, ce vieux fossile, en jeune homme beau et musclé, comme il y a trente ans. Enfin je me contente de ce que j’ai. Mais faut pas croire, il reste fougueux, le fossile ! C’est bien pour ça que j’ai engagé un homme pour faire le ménage ! Va savoir ce qu’il fait pendant que je travaille dur chez Muxis !


Elle avait pas l’air très sérieuse, elle avait dit ça en riant.

- Toi aussi tu travailles chez Muxis ? Comme tonton Benvolio ?

- Oui, que veux-tu, moi les jeux vidéo j’ai toujours adoré ça. Je suis tombé dedans toute petite, comme Obélix dans la potion magique. Tu as déjà joué aux Sams ?

- Les Sams ? C’est quoi, ça ? On n’a pas de jeu vidéo à la maison, maman dit que c’est pas sérieux, elle préfère que je fasse mes devoirs.

- Elle a raison, mais tu sais, il faut aussi savoir s’amuser dans la vie. Si tu veux je t’apprendrai à jouer, c’est très facile.

Je commençais à la trouver super, cette dame-là. Elle avait une de ces pêches !

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Alors elle allée se changer, parce qu’elle se trouvait moche dans ce costume bleu de travail. Moi je la trouvais très jolie, mais bon… Et là elle a parlé à maman et j’ai tout entendu.

- Je suppose que ton père ne t’a pas encore annoncé la nouvelle, Fiorella ? a-t-elle dit.

- Quelle nouvelle ?

- Au bout de dix ans de vie commune, ce cher Roméo s’est enfin décidé à me parler mariage.

- Non ? !    


Maman n’en revenait pas. Moi non plus. Papy allait se marier ? A son âge ! Ben après tout mamie l’avait fait aussi alors pourquoi pas lui ?

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- Dis papy, tu m’inviteras à la fête, dis ???

On était en train de finir la partie d’échecs avant que je rentre à la maison. Du coup j’avais oublié que je voulais rencontrer Chiara dans ce quartier. Ce serait pour une autre fois.

- Bien sûr, ma belle, tout le monde sera invité.

- Même mamie Juliette ? Elle ne va pas t’en vouloir de te marier avec Boutondor ?

- Elle est déjà au courant et elle est ravie ! C’est plus fort qu’elle, elle adore voir les gens avec des bagues au doigt.

Après, j’ai parlé tout bas pour pas que Boutondor et Auréliano puissent entendre :

- Moi je sais pas avec qui me marier, plus tard. J’ai trois copains avec qui j’aimerais bien me fiancer et je sais pas lequel choisir…

Papy a gloussé de rire :

- Ah ah ! Si tu es comme moi, chère petite, tu ne choisiras pas, tu les aimeras tous les trois !

- Tous les trois ? Ah mais ça c’est pas possible !

- Mais si, allons !

Boutondor est arrivée en disant à papy qu’il devrait arrêter de me raconter des bêtises. Surtout devant sa propre fille.

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Mais maman a haussé les épaules :

- Au fond, je comprends pourquoi maman a fini par s’en débarrasser…

Elle avait dit ça en plaisantant, c’était pour rire.

- Ouais et c’est à moi qu’elle l’a refilé ! Sympa, Juliette ! a dit Boutondor en riant elle aussi. Merci du cadeau !

Papy Roméo les avait entendues et a répondu :

- Je n’ai pas trop perdu au change, j’ai récupéré une jeunette, dix ans de moins…

- Tu parles d’une jeunette de cinquante piges ! a dit Boutondor.

Maman et elle ont éclaté de rire. Ça faisait longtemps que j’avais pas vu maman rire comme ça. J’étais contente. Elle aimait bien Boutondor. C’était pas pour rien que Auréliano m’avait dit qu’elle était copine avec tout le monde.



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Auréliano était tout content que sa mère adoptive se marie bientôt. Je lui ai demandé s’il considérait Roméo comme son père, ou son grand-père.

- Ni l’un ni l’autre. C’est, euh… ben je sais pas trop… c’est mon meilleur ami !


J’avais pas envie de partir. J’étais contente d’être avec lui. Je commençais à me dire que c’était lui que je choisirais plus tard pour mari. En tout cas, comme aurait dit tonton Benvolio en parlant des entreprises qu’il rachetait pour les ajouter à Muxis, j’ai posé une option sur lui. Même qu’on s’est quittés sur un bisou.

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